vendredi , 20 septembre 2019

Prolifération du commerce illicite

Il y a à peine quelques mois, le gouvernement avait annoncé des mesures et adressé des fermes instructions visant à mettre un terme à la prolifération des marchands informels squattant les trottoirs, les places et même les chaussées notamment aux abords des anciens marchés couverts désertés et boudés par les vendeurs légalement installés. La bataille alors engagée contre le commerce illicite ou informel avait, on s’en souvient, pris des allures de fermeté et de sévérité permettant de croire à un succès. Des opérations menées par les services concernés, appuyées par les forces de l’ordre, se multipliaient à travers les quartiers et les cités. Des baraques de marchands de fruits et légumes érigées sur les trottoirs, ont été régulièrement rasées, et les commerçants impliqués, étaient à chaque fois invités à regagner un stand ou une table de vente mise à leur disposition à l’intérieur de nouveaux marchés. Aujourd’hui, cette ancienne bataille semble bel et bien perdue et en voie d’être rangée aux oubliettes de l’histoire urbaine jonchée de fausses notes et de dérives bien difficiles à éradiquer. Dans de nombreux quartiers et grandes cités d’habitat, comme à l’USTO ou sur le boulevard reliant le rond-point de Canastel à Belgaïd, le commerce informel a pris des proportions inquiétantes, presque jamais égalées. Malgré les discours et les directives des pouvoirs publics visant à assainir et améliorer le cadre urbain en prévision des Jeux méditerranéens qui se dérouleront dans deux ans à Oran, de grandes zones concernées, et même des routes d’accès aux infrastructures sportives et d’hébergement des délégations sportives, demeurent squattées par le commerce sauvage, offrant au regard du visiteur une désolante image de dégradation et de clochardisation urbaine avancée. Selon les observateurs avertis, cette situation semble avoir empiré depuis une sorte de «trêve» imposée aux services de contrôle concernés dès le début du mouvement populaire, le «Hirak», lancé en février dernier. En effet, depuis quelques temps, rien ne semble interdit à ces nombreux squatters d’espaces publics qui parfois transforment le trottoir en véritable magasin où tout se vend et s’achète dans une totale impunité. Des produits alimentaires aux vêtements, en passant par la viande, les accessoires de cuisine, les matériaux de construction ou la quincaillerie, tout est disponible et proposé à des prix qui semblent attirer de nombreux clients.

S.Benali