mardi , 20 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Commune d’El Ançor</span>:<br><span style='color:red;'>Quand la misère côtoie le luxe</span>

Commune d’El Ançor:
Quand la misère côtoie le luxe

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la commune d’El Ançor qui jouit d’un gisement naturel, rarement retrouvé à l’échelle nationale, que sont sa grande baie méditerranéenne et la montagne qui la surplombe, englobe, à elle seule, les tares de nombre de communes, pourtant moins gâtées par la nature et ne disposant pas du tiers des ses potentialités.

Des bidonvilles à perte de vue, un chômage chronique, une ville délabrée, absence de prospérité économique, sans perspective de développement local et un mouroir pour des marginaux. Tel est le lot de cette commune ancestrale et de sa population, usée et désabusée par l’ineptie qui a toujours caractérisé la gestion des affaires communales par les nombreux responsables locaux qui se sont succédé à la tête de l’APC et même du temps de la DEC, sans pouvoir insuffler, du moins une légère dynamique à cette contrée. Un autochtone, résumera à sa façon, de manière ironique, l’état d’esprit qui a toujours prévalu chez les maires et les élus qui ont eu à gérer les affaires citoyennes, en disant que «le seul exploit réalisé dans la commune d’El Ançor, est celui d’avoir réalisé un centre d’enfouissement technique pour enterrer les ordures et ce, en plein site touristique, à moins de 100 mètres de la plage des Andalouses et auquel pour y arriver, les dizaines de camions de ramassage des autres communes, doivent traverser en long tout le centre-ville d’El Ançor, alors que nous espérions, nous en tant que citoyens, voire plutôt des vacanciers et des touristes». Quelques mots suffisent à résumer la détresse de toute une population, meurtrie dans sa chair et qui estime qu’elle n’a pas eu la chance d’avoir les maires qu’elle mérite.
Dans leur majorité, dira cet autochtone, les présidents d’APC et les élus, ont passé leur temps dans des querelles intestines sans fin, ou à s’arranger à traiter leurs affaires personnelles, abandonnant les habitants dans leur misère quotidienne. Une grande partie de cette population souffre de problèmes respiratoires à cause des produits chimiques issus des explosifs utilisés par les carrières d’agrégats. Les jeunes végètent dans le vice et la drogue. Des bidonvilles jamais éradiqués à l’exemple de la Cité «Platique». Une crise de logement aigue. Le chantier des 600 logements LPL, est en panne suite au refus de la société de réalisation hindoue de parachever les travaux, faute de paiement. De jeunes entreprises locales, dont certaines issues de l’ANSEJ et de l’ANGEM, sont écartées des marchés publics. Des investisseurs sont harcelés par l’administration. Tout un tas d’incohérences qui caractérisent le fonctionnement de cette commune, dans laquelle, pratiquement aucun secteur n’est fiable. Excepté peut-être celui privé, dont certains à savoir quelques complexes hôteliers et dont l’impact fiscal est quasiment insignifiant par rapport au préjudicie financier causé à la commune et à ses habitants, et ce, grâce au silence complice et la connivence et/ou à l’incompétence tout bonnement. Car, comment expliquer qu’avec un tel gisement de complexes touristiques tout aussi prestigieux les uns que les autres avec piscine, centre thalasso et d’un tel patrimoine historiques et préhistoriques aussi prestigieux, la localité et sa population, vivent dans le dénuement le plus total ?
Karim Bennacef