lundi , 17 décembre 2018

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QUAND LE FOOTBALL FAIT SA «HALQA»

Dans notre sport roi, plus je vois les malaises s’enchaîner, plus je vois ses acteurs tourner à la vendetta, plus je crois à la simplification. Tout le monde grogne dans notre univers footballistique mais avec ce cachet qui nous différencie des autres, on ne vilipende jamais ceux qui sont inférieurs. Dans la foule en bas, le spectacle n’inspire que mépris, condamnations et désolations. C’est un vrai spectacle avec suspense quant au dénouement des querelles et des bras de fer en boucle entre figures emblématiques de ce football qui n’a pas fini d’exhumer ses règlements de compte à l’infini et ses luttes intestines pour des intérêts personnels.
Aujourd’hui, notre football a le grand avantage d’être différent de tous les autres : c’est pratiquement le seul au Maghreb et dans le continent dont l’actualité ne repose plus sur les qualifications de ses équipes nationales, toutes catégories, des U 17 aux féminines, aux compétitions africaines et mondiales. Il assure le spectacle sur la scène où il excelle depuis trois ans, celle des calomnies à répétitions, des affrontements verbaux qui alimentent grassement les médias, lesquels à leur tour régalent le public. Surtout à l’international, ce qui conforte les déficits d’images sur l’Algérie dont s’emparent goulûment les réseaux sociaux et les grands titres spécialisés étrangers, et bien entendu, algériens. Rien n’échappe à ce spectacle navrant proposé aux satellites, aux imprimeries et aux outils domestiques de la communication : des revanches qui se mangent froides et des feuilletons grossiers qui véhiculent les confrontations invariablement engluées sur des jeux d’intérêts personnels et d’accès aux fonctions dont les rémunérations impudiques qui choquent et se posent en mépris aux populations, parce qu’elles dépassent allègrement et toute honte bue, celles de ministres, de députés, de sénateurs. Dans cette ambiance, dire une fausseté de quelqu’un et lui attribuer à tort des propos ou des actions jamais prouvées ne relève plus de l’injustice. Sous le chapiteau actuel de la balle ronde, n’importe qui peut raconter n’importe quoi sur un responsable, un entraineur, un président de club, un journaliste, un ministre. Le règne de la médiocrité, celui des mensonges, des jugements de valeur, de la guerre des communiqués et des plateaux TV occupe le terrain.
Le plus grave dans ces péripéties vient des institutions officielles concernées et des cadres techniques supérieurs qui sacrifient la modération, la diplomatie et l’image de leurs enseignes à l’orgueil du dernier mot. Amusée, la société civile assiste à des échanges théâtraux, avec cette inconfortable sensation de vivre une tranche tragi-comique de la vie sportive du pays. Le dernier épisode en date, celui de l’affaire Rabah Saadane épice encore plus ce goût amer suspendu à notre actualité footballistique depuis deux saisons, que ce soit du côté compétitions locales, des ratages de toutes nos sélections nationales, des clivages à l’intérieur de la FAF. Le plan d’actions annoncé depuis l’avènement de la nouvelle instance, les lignes d’orientations précises et prospectives se font désirer.  Les répercutions du différent entre le coach Belmadi et le tout nouveau ex-DTN sur le voyage de Londres ont rafraichit l’opinion publique sur cette vérité encrassée dans notre système : l’absence de toute relation entre l’équipe nationale et la direction technique. On le savait depuis longtemps, mais l’info revient au grès du temps, à savoir qu’entre ces deux départements, se trouve un mur impénétrable, une séparation en béton. Le cercle fermé de prise de décision composé de Zetchi, Haddad, l’un de ses Vice Présidents et Hakim Meddane a ingurgité trois entraineurs en chef en 19 mois, Alcaraz, l’homme qui a berné son monde, Madjer et son complexe de supériorité fondu au soleil de ses frasques, puis Djamel Belmadi porteur de grands espoirs de rigueur, de renouveau. Une main de fer dans un gant de velours qui devrait prouver ses réelles capacités de reconquérir les supporters algériens  et l’Afrique dès ce vendredi soir à partir de 20h45 sur le près de Blida contre le Bénin, ainsi que le 16 de ce mois d’octobre pour la manche retour.
Cependant, ce rendez-vous n’effacera pas le violent face à face par télévisions interposées entre l’ancien DTN et l’actuel sélectionneur. L’histoire alambiquée du départ annulé de Saadane pour la capitale britannique où Saadane et Belmadi devait assister à un congrès technique de la FIFA a enfanté d’un piège maladroitement tendu à Saadane. Remplacé par l’entraineur des gardiens de buts de l’EN, lâché par ses employeurs le DTN qui vit à cheval entre sa résidence de Lyon et celle d’Alger se contentera de se libérer du mauvais coup asséné par la FAF. Au passage, impossible de ne pas m’interroger sur le choix d’un coach chargé des gardiens de but dans une conférence de haut niveau organisée par la FIFA. La réponse coule de source. Et selon Saadane en personne, « les jours sont comptés pour Boualem Charef », son collaborateur le plus proche.
Comme quoi, l’espace de ces 19 boucles d’un milieu footballistique en ébullition, les algériens auront oublié leurs difficultés quotidiennes, et la fragile situation économique du pays.
Par Fayçal Haffaf