dimanche , 17 novembre 2019

Quand une ancienne cité universitaire «gagne le statut» de bidonville

On a appris récemment que dans le cadre «des opérations de lutte contre l’habitat précaire», les habitants du vieux site de l’ex-résidence universitaire, connu sous le nom de «La CUMO» et inscrit au registre des bidonvilles depuis des années, feront l’objet prochainement d’une opération de relogement. Ce site de la CUMO a reçu dernièrement la visite du Wali d’Oran qui a été, nous-dit-on, légitimement choqué par les conditions d’hygiène et d’habitat de ces familles squattant les lieux depuis quelques temps. Avant cette visite, des familles, squattant ces anciens pavillons universitaires abandonnés, avaient bloqué l’axe routier reliant Es-Senia à l’aéroport d’Oran, au niveau de la voie ferrée. Les protestataires ont exigé d’être relogés à l’instar des autres familles, dans le cadre de la lutte contre l’habitat précaire, comme c’est le cas notamment au niveau des Planteurs. «Une commission technique a recensé toutes les familles le mois de septembre dernier et on nous avait promis des logements avant la fin de l’année 2018, mais pour le moment nous n’avons rien vu venir», indique un occupant de La CUMO, qui se gardait bien de dire et de préciser quand, et pourquoi est-il venue avec sa famille occuper cet espace, une ancienne infrastructure appartenant au Ministère de l’enseignement supérieur, abandonnée après le transfert des étudiants vers une cité universitaire plus décente, et occupée dans un premier temps par des travailleurs du secteur des œuvres sociales. Ce fut ensuite pas moins de trois vagues d’occupants qui allaient se succéder dans ces baraquements délabrés, recasés dans des logements neufs, et «cédant» leur baraque à de nouveaux candidats au logement en contrepartie de coquettes sommes d’argent. On sait qu’à l’époque, la Commune d’Es-Sénia, la plus frappée par le fléau du bidonville, était aussi la plus célèbre pour le laxisme et la complicité de certains élus locaux et responsables incapable de gérer le dossier. L’ancienne cité universitaire désaffectée, qui aurait du être démolie, il y a plus de vingt ans, et remplacée par une nouvelle infrastructure sociale, a au contraire été «épargnée» afin de servir de marché occulte à des transactions aux contours mafieux. Comme un grand nombre d’autres bidonvilles qui, à chaque fois, renaissaient de leurs décombres après une démolition. L’ancienne cité universitaire, devenue bidonville «La CUMO», reflète, on ne peut mieux, les paradoxes et les inepties d’une politique du logement qui s’inscrit parfois en contresens de la réalité et des ambitions d’une ville promise à la modernité urbaine… Beaucoup parmi les mauvaises langues locales, se demandent si le Wali en poste est informé, bien informé, des parcours et des situations réelles rencontrées ici et là sur ce registre des bidonvilles et de l’habitat précaire…

Par S.Benali