vendredi , 22 juin 2018

Quel espoir de rupture ou de changement ?

Comme prévu par les observateurs avertis de la scène locale, la séance de l’APW consacrée à l’élection des Vice-
présidents et présidents de commission, a été marquée par les remous internes et les contestations des membres élus du parti RND. Après leurs belles déclarations d’union autour des objectifs de progrès et de développement de la Wilaya d’Oran, les élus du RND, bien minoritaires à l’Assemblée, ont finalement décidé de boycotter la cérémonie d’installation des membres retenus pour l’encadrement de l’APW.
Une défection qui reflète bien l’ampleur de leur colère et de leur frustration de n’avoir pas pu glaner plusieurs de ces postes tant convoités. On se souvient que lors de la cérémonie d’installation de l’APW nouvellement élue, les trois députés et le sénateur du RND avaient eux-aussi choisi d’être absents, de décliner l’invitation, en signe de protestation contre des «présumées tricheries» qui auraient marqué le dernier scrutin.
En réalité, la débâcle du RND à Oran, qui dure depuis quelque temps, n’a rien à voir avec l’organisation et le déroulement des élections. Mais, il fallait bien trouver des excuses et des justifications pouvant peut-être épargner la crédibilité de certains cadres connus à Oran pour leur faible envergure et leur opportunisme indécent. Toujours est-il que la Wilaya d’Oran renoue encore une fois avec la réalité de son terrain politique gangrené par les agitations et les luttes de clans.
Un terrain où la «démocratie participative» demeure bien loin des motivations nourries il faut l’admettre par les convoitises, la soif de notoriété et l’appât du gain. Cette décision des membres du RND de boycotter cette séance de l’APW, consacrée à la mise en place de ses structures internes, n’a rien de surprenant. «C’est une action prise d’un commun accord par les dix élus RND en protestation contre leur mise à l’écart dans le choix des Vice-présidents et des présidents des commissions permanentes» à déclaré le chef du groupe RND qui ajoute «Le strict minimum, c’est un poste de Vice-présidence et un autre de présidence de commission pour le groupe RND». Mais forts d’une majorité écrasante de 45 sièges sur les 55, le président et les membres FLN savent bien qu’ils peuvent «faire tourner» l’institution même en l’absence des membres du RND. Pour le commun des Oranais, ces luttes et ces remous internes à chaque début de mandat au sein des APW.
Ceux qui ont vécu ou suivi les sessions des APW successives, savent à quel point le vent des échecs et des désillusions a fini par balayer l’espoir de rupture et de changement. D’un mandat à un autre, les sessions de l’APW se succèdent et se ressemblent. Avec un contenu générique  lié aux questions de développement et toujours les mêmes débats autour de mêmes dossiers parfois vieux de plus de trente ans…
Par S.Benali