dimanche , 17 février 2019

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Qui pour arrêter l’hécatombe ?

L’hiver est loin d’être fini et pourtant il a déjà fait des centaines de victimes. Les inondations, les fuites de gaz, les accidents de la route, la grippe, la furie de la mer ont fauché plusieurs vies et rien ne dit que ce triste bilan ne va pas s’alourdir dans les prochains jours.
Comme une fatalité, on se voit impuissant et on se contente de faire chaque matin que Dieu fait, le compte macabre de ceux qui nous ont quitté hier. On compte et on passe. C’est comme si on oubliait que ces êtres humains ont des familles, ils avaient la tête pleine de projets, qu’ils avaient un droit de vivre, mais qu’ils n’iront pas plus loin. A cause de curage mal fait, de routes malfaçonnées, de chauffages mal conçus, de conduite dangereuse, des dizaines de vies sont ravies aux leurs, malheureusement sans trop d’émotion, sans réactions, sans soucis de comprendre et de prendre la mesure de la gravité des choses. On ne peut pas se contenter de jouer la montre et d’espérer une fin rapide à cet hiver meurtrier.
Plusieurs accidents auraient et devraient être évités, mais malheureusement il n’y a pas de responsabilités ni de responsables. C’est un peu comme si on parlait de suicide collectif et de la seule responsabilité du citoyen, autrement dit de celui qui est mort.
L’exemple le plus édifiant reste celui des décès par le monoxyde de carbone. Aucun responsable ne veut reconnaître qu’il y a une défaillance quelque part. Tous disent avoir fait leur devoir, avoir contrôlé les marchandises qui se vendent sur le marché algérien. Non, le seul responsable n’est autre que le citoyen. C’est lui et il doit en assumer les conséquences. Sauf que dans ce cas là, les conséquences sont terribles car elles se terminent dans la mort.
Cette ligne de défense devient insupportable et inadmissible à tous les niveaux. Et on ne peut pas continuer comme ça. C’est inadmissible de continuer à faire le décompte de nos morts, sans agir, sans réagir, sans tout revoir de fond en comble, avec la ferme intention de prendre le phénomène à bras le corps et d’affronter la réalité avec toute la rigueur et la responsabilité dans ce genre de cas.
On nous parlera de ces campagnes de sensibilisation, comme seule ligne de défense, alors qu’il devient clair, qu’elles n’ont servi à rien et qu’elles ne serviront à rien. N’est-il pas venu le temps de changer de stratégie et de faire ce qui doit être fait pour arrêter cette hécatombe.

Par Abdelmadjid Blidi