mardi , 21 novembre 2017

Refrain: «Faire d’Oran une métropole moderne…»

Les nouvelles cités d’habitat réalisées à Canastel pour le recasement des sinistrés qui résidaient dans des immeubles en ruine dans les anciens quartiers, ne seraient pas raccordés au réseau d’évacuation des eaux usées, mais aux canalisations de drainage des eaux pluviales. Cette information, publiée hier par un quotidien national, ne peut que susciter la colère des partisans de la protection du littoral marin qui découvrent ainsi l’ampleur des déversements des eaux usées en mer tout le long des côtes de la wilaya oranaise. Et ce qui est peut être plus choquant est le fait que les entreprises chargées de la réalisation des travaux de VRD, voiries et réseaux divers, expliquent que ce rapide raccordement des immeubles au réseau de drainage des eaux pluviales est du «aux pressions exercées par les pouvoirs publics pour la livraison des chantiers de logements sociaux ».
On sait que l’implantation même de ces cités de recasement à Canastel, la célèbre zone résidentielle à l’Est de la ville, avait suscité des réserves et des polémiques liées à la préservation du cachet urbain et à la protection de l’environnement comprenant une belle façade maritime et une forêt très convoitée.
Depuis de longues décennies, les résidences de Canastel ne disposaient le plus souvent que de fosses septiques qui ont été peu à peu éradiquées au profit d’un réseau d’évacuation principal. Nul ne peut nier que de grands efforts, et des crédits importants, ont été consentis par l’Etat pour préserver et améliorer le cadre de vie dans cette zone urbaine relevant de l’APC d’Oran. Il faut convenir que depuis toujours, cette localité était prisée et occupée surtout par d’anciens responsables, hommes d’affaires et hauts cadres de l’Etat.
Le présumé déficit d’assiettes foncières devant être affectées à la réalisation de logements à Oran auraient conduit un ancien wali d’Oran à lancer un projet de logement de recasement en cet endroit peu approprié à l’habitat collectif. Il faut admettre, sans tabou ni complexe, que le recul du civisme et de la culture citoyenne ne peuvent que pénaliser l’harmonie et l’environnement du cadre urbain.
Beaucoup de citoyens de Canastel témoignent que depuis «l’arrivée des recasés du vieux bâti», les dégradations et la petite délinquance ont connu une hausse sensible. Plus personne ici n’est surpris par l’amoncellement des déchets et des détritus, allant du sachet en plastique aux canettes et bouteilles de bière vides. Et voila qu’on apprend que toute une cité déverse ses eaux usées en pleine mer en empruntant le réseau d’écoulement des eaux de pluie.
Un réseau lui-même défectueux par endroit et très mal entretenu, ce qui cause ici et là des nappes d’eau inondant la chaussée. Et ce déversement sauvage d’eau usée concerne pratiquement toutes les communes côtières de la wilaya. D’Arzew à Aïn El-Turck, indiquent des experts, ce sont plus de 150 000 mètres cubes d’eaux usées domestiques et d’eaux industrielles qui se déversent chaque jour dans le littoral oranais. On est encore loin des ambitions partagées visant à faire d’Oran une belle métropole moderne…

Par S.Benali