dimanche , 26 janvier 2020

Replâtrages et improvisations

On a pu constater, hier, au niveau du Boulevard de front de mer que des équipes d’ouvriers s’attelaient à décaper le trottoir afin de poser un nouveau revêtement. Une opération inscrite dans le cadre du projet d’aménagement et d’embellissement de ce Boulevard, l’un des plus prisés par les promeneurs et les visiteurs d’Oran. Avec plus de deux mois de retard, les travaux ont finalement été lancés, conformément aux instructions du wali qui avait insisté auprès des entreprises retenues sur le respect des délais arrêtés. Ce projet de réaménagement et d’embellissement du Bd de l’ALN, qui mobilise, selon une source citée par la presse locale, une modeste enveloppe financière de 300 millions de centimes dégagée par la Caisse de Garantie et de Solidarité des Collectivités Locales.
Un montant, précise un confrère de la presse oranaise, qui serait consacré au revêtement des trottoirs, à l’installation de bancs en bois, à l’éclairage public et au réaménagement des places dont «Bamako» et «Port Saïd». Ce qui n’a pas manqué de susciter des questionnements et des polémiques entre les «mauvaises langues» qui lisaient, hier matin, le journal et commentaient l’information au café oranais des lamentations. «300 millions de centimes seulement ne suffisent même pas au revêtement de tout le trottoir… il y sûrement erreur, lance un ancien retraité». Et son voisin de répondre : «il s’agit peut-être de dinars et non de centimes… avec 300 milliards de centimes, on peut largement financer ce genre de projet incluant le revêtement, le mobilier urbain, l’éclairage public…
D’autant plus que l’on parle de six entreprises spécialisées retenues après le lancement d’un avis d’appel d’offres.. «. Mais bien plus que ce débat superflu sur le montant précis du projet, c’est surtout le contenu des actions d’aménagement qui semble le plus critiqué et pointé du doigt par des observateurs qui connaissent bien la grande Histoire des dépenses publiques menées au chevet des trottoirs et de l’éclairage des principaux boulevards de la ville. On se souvient, il y a dix ans, à l’époque du Wali, Tahar Sékrane, de ce grand projet de réfection des principaux trottoirs du centre ville qui a été, au final, décrié et condamné par l’opinion locale pour ses résultats peu reluisants. Il est vrai que l’on dit souvent «les goûts et les couleurs ne se discutent pas…». Mais il faut bien admettre que le gris sombre des pierres du nouveau revêtement, posées parfois n’importe comment, n’avait rien de reluisant… On n’aborde pas impunément l’aménagement urbain d’une grande ville avec des replâtrages et des improvisations.

Par S.Benali