jeudi , 12 décembre 2019

Réticences au changement et allergie au progrès

Évoquant une récente «promenade» inopinée du wali d’Oran au centre ville, les «mauvaises langues locales» ne se sont pas privées de critiquer et de pointer du doigt certains acteurs, même dans l’entourage proche du responsable, qui à chaque occasion, redoublent de zèle mal placé pour se mettre au devant de la scène et se donner une stature de «notable» reconnu. « C’est un peu comme s’ils voulaient être en même temps au balcon et se regarder passer et se pavaner aux côtés du responsable courtisé…» lance un universitaire retraité révolté par des attitudes et des comportements datant de l’âge des courtisans du pouvoir sous le régime de la pensée unique. Mais en tout cas, l’actuel Wali, estiment des observateurs, se garde bien d’abuser des images populistes et démagogues comme le faisaient ses prédécesseurs. Une halte pour déguster un thé dans un café populaire, un sandwich de kalentika pris au comptoir du marchand de la rue de la bastille, un bain de foule improvisé avec les résidents d’un quartier, sont autant de gestes anodins qui servent, à tort ou à raison, à certains responsables locaux de «modeler» leur image en fonction de leur stratégie et de leur vision. Mais en réalité, l’opinion locale ne reste attentive qu’aux résultats des actions engagées et non plus aux discours, aux promesses et aux engagements récurrents annoncés ou rappelés au détour des visites et des tournées inopinées ou programmées. Ce fameux projet d’aménagement du marché et de la Rue des Aurès, qui date, rappelons le, de prés d’une vingtaine d’années, illustre on ne peut mieux la fatalité des échecs et des retards que l’on ne cesse de dénoncer. Combien de Walis successifs se sont arrêtés devant les marchands de la vielle rue de La Bastille pour les convaincre de la nécessité d’engager les travaux au plus vite et selon un agenda étudié ? Mais on sait que les marchands de la rue des Aurès, rassemblés en véritable «lobby» de pression aux contours diffus, n’ont jamais accepté de quitter les lieux, même provisoirement pour aller s’établir dans un autre endroit désigné. L’ancienne cave de la place Hoche, aurait pu en toute objectivité, être convenablement aménagée et transformée en grand marché couvert pour cette zone du centre ville. « Hangar à risque qui risque de s’écrouler, trop loin de notre clientèle assidue, trop isolé pour nos clients qui préfèrent le marché à ciel ouvert sur cette ruelle des plus fréquentée…». Autant d’arguments sans grande pertinence, qui cachent mal la grande réticence au changement et l’allergie au progrès. Comment croire que le wali en poste pourra réussir, là où tous ses prédécesseurs ont échoué…?

Par S.Benali