dimanche , 17 février 2019

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Retour à la case départ ?

En décembre, le président américain avait jugé que l’Etat islamique en Syrie était en passe d’être vaincu, et a pris tout le monde de court en décidant le retrait des derniers militaires dans ce pays, estimant que « le job » a été fait. Mais voilà que l’actualité le rattrape et l’attentat de daesh qui a tué deux américains, blessé gravement deux autres, et tué aussi 11 syriens, démontre que le locataire a eu tout faux et qu’il a encore une fois pris une décision intempestive sans prendre l’avis des spécialistes du Pentagone, ni celui de son ministre de la défense qui a démissionné depuis.
Sa stratégie de coller l’épineux problème syrien aux Turcs s’est révélé, elle aussi, un autre fiasco, puisque la Turquie a clairement signifié qu’elle n’est pas là pour faire le sale boulot des autres, mais défendre d’abord ses intérêts qui passent obligatoirement par l’élimination des Kurdes de Syrie, pourtant alliés des Américains. Autant dire que nous sommes face à une réelle impasse dont personne ne sait comment elle sera dénouée.
Sur un autre plan, et alors que les Etas Unis deviennent, un allié difficilement sûr, la diplomatie, elle, se met en marche, et pas comme on en a eu l’habitude, puisque le nouvel émissaire onusien en Syrie, a remis le régime syrien clairement en scelle, en décidant de rencontrer en premier le ministre des affaires étrangères en premier Walid Mouallem. Bien sûr l’opposition sera consultée, mais au fond personne n’est dupe. Bashar el Assad est bien aujourd’hui la seule assurance tout risque pour régler bien des problèmes, qui « importunent notamment les grandes chancelleries occidentales, et en premier desquels vient celui des migrants, qui comment déjà à revenir à leur pays, à la lumière des derniers victoires du régime et la reprise de plusieurs régions qui sont totalement sous son contrôle.
Pour résumer et en tous points de vue, le conflit syrien est en train de revenir à sa case de départ, même s’il reste une grande inconnue à savoir les réactions imprévisibles du président américain, et les décisions militaires que décidera la Turquie dans les semaines à venir. Mais en face, tout le monde est aujourd’hui convaincu que le régime syrien fera très bientôt son retour dans la famille arabe et retrouvera son siège au sein de la Ligue Arabe qui lui fait déjà les yeux doux, encouragé en cela par le retour des ambassades du Golfe chez « l’ennemi d’hier ».

Par Abdelmadjid Blidi