vendredi , 15 décembre 2017

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Rêve de citoyen, réalité de ministre

Nous sommes à quelques semaines du jour «J», rêvons un peu à l’après 4 mai, selon le tableau que nous en dressent les candidats à la députation. Imaginez un peu l’Algérie dans une situation de plein emploi. Pas un chômeur. Onze millions de travailleurs qui gagnent convenablement leurs vies. Tous déclarés à la sécurité sociale et prennent leurs vacances, qui en été dans les nombreuses stations balnéaires du littoral, qui au printemps, dans les massifs montagneux de l’intérieur du pays, qui en hiver dans le grand sud. Des Algériens heureux de vivre dans leur pays quoi !
A suivre les discours des partis, nous n’y sommes pas loin du tout. Un tout petit million d’emplois à créer et la partie est gagnée. Mais il est bien entendu, beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Car, il ne suffit pas de trouver un poste de travail pour être heureux. Encore faut-il, que le niveau de salaire permette une vie décente que l’emploi en question soit couvert par la sécurité sociale, que l’accès au logement ne relève pas du parcours du combattant, que l’industrie de la culture et celle du tourisme soient assez développées et offrent des perspectives intéressantes à tout le monde, que l’industrie tout court soit performante, que nos patrons ne fuient pas leurs responsabilités et déclarent tous leurs travailleurs, leur octroient de vrais salaires, pensent à l’export, plutôt qu’à la solution de facilité qui consiste à tout importer.
Pour que le monde idyllique d’une Algérie prospère et apaisée devienne une réalité, il faut aussi, que nos ministres se prennent pour ce qu’ils sont, pas pour de simples fonctionnaires, attendant la fin du mois pour toucher leurs paies et l’été pour aller se reposer en Europe.
Vous constaterez, qu’il faut tout de même beaucoup de conditions pour réaliser toutes les promesses électorales dont on nous rabat les oreilles, ces deux dernières semaines. Cela dit, les Algériens d’en bas, avons déjà un début d’aperçu, de ce que sera notre vie dans les années à venir, si nos politiques disent vrai. Il faut bien reconnaître, en effet, qu’il existe dans ce pays, des citoyens chanceux qui vivent déjà dans le monde rêvé. Ils sont déclarés, leurs revenus leur suffisent amplement à s’offrir de belles vacances, ils n’ont aucun problème pour trouver des logements, ils en ont même plusieurs. Cette catégorie de citoyens, vous l’aurez deviné, est composée de ministres et de patrons.

Par Smaïl Daoudi