lundi , 21 janvier 2019

...:
Rien ne va plus

Le président turc Recep Tayyip Erdogan n’est pas content, et il a tenu à le clamer hautement. En effet, Erdogan s’en est pris de manière violente au conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, suite à ses déclarations faites en Israël où il avait annoncé que le retrait des Etats-Unis de Syrie serait notamment conditionné à des garanties concernant la sécurité de leurs alliés kurdes.
Pour Erdogan, ces déclarations sont «inacceptables et impossibles à digérer». Plus que cela, il a été signifié au responsable américain en visite en Turquie, qu’il ne sera pas reçu par le président Turc. Autant dire que c’est là un coup de froid certain porté aux relations entre les deux pays qui n’a fait que se compliquer avec la décision intempestive du président américain de retirer ses troupes de la Syrie.
Pour les Turcs qui se sont dits prêts à lutter contre le terrorisme en dépit du retrait américain, ils ont aussi clairement signifié que pour eux les groupes kurdes armés, alliés des Américains en Syrie, sont aussi des terroristes autant que les extrémistes de l’Etat Islamique. Une position loin d’être partagée par les autres capitales de la région et du monde, mais qui ne changeront rien aux convictions turcs, dont les premiers ennemis restent les kurdes, qu’ils soient du PKK ou autres.
En résumé, il faut bien reconnaître que la décision du locataire de la Maison Blanche était une décision irréfléchie et qui prouve surtout que Donald Trump ne maîtrise pas bien ou pas du tout les spécificités de cette région particulière qu’est le Moyen Orient. Et pour tout dire, elle vient en ligne droite de sa première bévue de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade de son pays, foulant ainsi toutes les résolutions onusienne et faisant peu de cas de toute légalité internationale.
L’épisode qui se déroule aujourd’hui en Turquie, est une autre conséquence des tremblements suscités par les décisions de Trump, dont les décisions ne plaident pas pour la stabilité et la paix dans le monde. Des décisions qui compliquent davantage la situation dans l’une des régions les plus instables au monde et qui connait déjà de multiples conflits qui ont fait à ce jour des milliers de morts et des millions de déplacés.
Enfin pour tout dire, cette année 2019 ne diffère pas grandement de celle qui vient de se terminer. Pire encore, les semaines et les mois à venir n’augurent rien de bon et les risques ne seront que multipliés à la vue de toutes ces divisons qui tiraillent les grands de ce monde.

Par Abdelmadjid Blidi