jeudi , 23 février 2017

Risques réels et inquiétudes partagées

Dimanche dernier, des habitants et des parents d’élèves du CEM Benzerdjeb, situé au quartier «Les Castors», ont organisé un sit-in de protestation devant le siège du secteur urbain pour dénoncer un projet de réalisation d’un supermarché en R+4 sur une assiette foncière de 1800m², attribuée à un investisseur privé. Mais pour expliquer leur ferme opposition à la réalisation de ce projet, les concernés avancent des arguments peu convaincants, ou qui en tout cas, risquent de ne pas peser bien lourd, devant une juridiction ou une commission d’arbitrage. «Nos enfants, élèves du CEM Benzerdjeb et des écoles avoisinantes, seront en danger, face aux véhicules appelés à stationner anarchiquement, pour rejoindre ce centre commercial… Et cela aussi, va créer des bouchons monstres sur nos petites artères» expliquent les mêmes contestataires. Mais ce qui motive aussi, voire surtout, le rejet et la dénonciation de ce projet de centre commercial de quatre étages de hauteur, est le fait que ce terrain a été jusqu’ici occupé de manière informelle par des joueurs de pétanque, venus du quartier et des environs pour s’adonner à leur passe-temps. Le boulodrome improvisé, risque évidemment de disparaître du paysage au profit d’un projet «plus intéressant» pour les pouvoirs publics car, il est créateur, nous dit-on d’une bonne centaine d’emplois… Ainsi, à Oran, ce quartier des Castors remporte la palme d’or, des protestations et des contestations, visant les choix d’investissement et d’occupation des terrains fonciers. On se souvient, il n’y a pas si longtemps, de ces revendications dites collectives, exigeant la réalisation d’une «piscine olympique», sur le site de l’ancienne gare routière en voie de démolition. Il est vrai, que les contours de cette affectation de terrain a un investisseur privé pour un centre commercial, pose quelques interrogations sur les procédures et le manque d’implication des citoyens, habitants directement concernés, par l’évolution de leur cadre urbain. Selon certains habitants, visiblement étonnés de constater le lancement des travaux de terrassement, ce terrain appartenant à la Commune, aurait été initialement destiné à la construction d’un jardin d’enfants et un espace vert. Un projet municipal affirme-t-on, bien inscrit dans le plan d’action pour l’aménagement et l’embellissement urbain. Et cette question liée à l’exercice réel de la démocratie participative, semble être au cœur des préoccupations des membres de l’association du quartier les Castors. Une association très active qui avait proposé il y a très longtemps au P/APC, et au représentant du ministère de la Jeunesse et des Sports, divers aménagements sur ce terrain très convoité. «Mais ces propositions n’ont eu aucun écho», indiquent les protestataires, évidemment tous membres de l’association. Et au passage, ils rappellent d’autres doléances, notamment l’état désastreux du seul stade en tuf, situé à proximité. «Nous avons, à maintes reprises, sollicité les services concernés pour la pose d’un gazon synthétique, mais rien n’a été fait. Nous craignons que ce terrain soit, lui aussi, détourné et transformé en parking pour ce super marché»… Un risque bien réel et des inquiétudes partagées.

Par S.Benali