samedi , 24 août 2019

Ruée sur les bidonvilles et l’habitat illicite…

Après les opérations de relogement des occupants de bidonvilles sur les sites de Ras El Ain, et des lieux dits «Terrain Lebon» et «Terrain Pasteur», les opérations de démolition des habitations désaffectées, ont été relancées depuis le début de la semaine. Depuis la première opération de relogement effectuée en 2017, et selon un bilan établi par les services de la wilaya, près de 450 habitations illicites ont été démolies. Ce qui n’a pas suffi à éradiquer totalement ces bidonvilles puisque un grand nombre de nouvelles familles sont venues réoccuper des habitations qui n’ont pas encore été démolies où ont été reconstruites. Certaines sources estiment que sur les sites des Planteurs, de Ras El Ain et du «Terrain Chabat’, plus de 200 habitations ont été réoccupées par d’autres familles. Selon des habitants du quartier Les Planteurs, bénéficieras de décisions de pré-affectation.
Ce nombre serait bien plus élevé car, selon eux, la majeure partie des sites désaffectés après les opérations de relogement, ont été réoccupés par de nouvelles familles, des candidats au logement attirés par l’opportunité de recasement ouverte par le grand projet d’éradication du bidonville des Planteurs. Bien que la majorité des familles devant être relogées, disposent du document de pré affectation, les opérations de relogement semblent se compliquer avec l’arrivée de ces nouveaux occupants d’habitations désaffectées et en attente de démolition. Ici et là, on signale même l’extension ou l’apparition de nouveaux sites de constructions illicites. Un fléau qui depuis bien longtemps, demeure installé en spirale irréductible, forgé et aggravé par les pratiques mafieuses de certains énergumènes qui surfent sur la misère et la pauvreté de bon nombre de familles en quête de toit décent.
A Oran, bien plus qu’ailleurs, la course à l’occupation d’une construction illicite dans un bidonville, est devenue, depuis ces dernières années, une «pratique sociale» banale et courante, revendiquée en «droit légitime» à disposer rapidement d’un toit, sans contrainte et sans conditions. Une aspiration, certes, bien légitime pour des milliers de mal-logés et de sinistrés du vieux bâti, mais qui a été au fil des ans, utilisée et pervertie par le discours populiste et le mensonge politique de bon nombre d’acteurs aux commandes des institutions. Qui peut oublier cet ancien wali qui, en 2012, on s’en souvient, clamait haut et fort qu’il «allait résoudre définitivement la crise du logement à Oran dès la fin de l’année 2014…» Ajoutant même que «plus aucun bidonville n’existera sur le territoire de la wilaya…». Une vraie fausse promesse qui allait au contraire accentuer la ruée vers les bidonvilles et les constructions illicites devenues une clef d’accès à un logement neuf. Aujourd’hui, selon des statistiques officielles, pas moins de 34 bidonvilles seraient recensés dans la seule commune d’Oran.

Par S.Benali