dimanche , 17 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Après Djamel Ould Abbès </span>:<br><span style='color:red;'>Said Barkat en prison</span>

Après Djamel Ould Abbès :
Said Barkat en prison

Avec cette incarcération provisoire, ce sont deux Premiers ministres et plusieurs ministres du quatrième mandat qui devront répondre aux soupçons de dilapidations de deniers publics, aux côtés de plusieurs hommes d’Affaires, parmi les plus en vus de la scène économique nationale.

L’ancien ministre et sénateur du tiers présidentiel, Saïd Barkat, a été placé, hier, par le juge instructeur près la Cour suprême, en détention provisoire. Ce scénario, du reste prévisible, après l’incarcération de Djamal Ould Abbès, avant-hier par la même instance judiciaire, vient confirmer la détermination de l’institution judiciaire à aller au fond de tous les dossiers de corruption qui s’étaient visiblement accumulés ces dernières années. L’affaire pour laquelle Saïd Barkat est poursuivi, est celle-là même qui a conduit à l’arrestation de Djamel Ould Abbès. Les deux hommes avaient occupé successivement le poste de ministre de la Solidarité nationale de la famille. M.Barkat, comme M.Ould Abbès, est poursuivi pour dilapidation de deniers publics, conclusion d’un marché en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur, abus de fonction et faux en écritures publiques. Ce sont là des accusations assez lourdes, susceptibles de valoir plusieurs années de prison, en cas de confirmation.
Connu pour être un proche de l’ancien président de la République, Saïd Barkat a occupé plusieurs fonctions ministérielles, avant de se voir confier le poste de membres du tiers présidentiel au Conseil de la nation. Une « voie de garage » honorifique, permettant de bénéficier de l’immunité parlementaire. Mais cela n’aura pas suffi à le protéger cotre des poursuites judiciaire, notamment après que la demande de la levée de cette immunité avait été introduite après la démission de Abdelaziz Bouteflika. D’ailleurs, Saïd Barkat a choisi de renoncer volontairement à son immunité parlementaire, ce qui a justement permis sa convocation par le juge enquêteur près la Cour suprême.
Avec cette incarcération provisoire, ce sont deux Premiers ministres et plusieurs ministres du quatrième mandat qui devront répondre aux soupçons de dilapidations de deniers publics, aux côtés de plusieurs hommes d’Affaires, parmi les plus en vus de la scène économique nationale. On retiendra également dans la série inédite d’arrestations d’officiels, les incarcérations qui ont concerné les enfants d’ex-ministres et autre DGSN, pour les mêmes motifs.
Il y a lieu de souligner que la liste de personnalités devant être présentées devant la Justice n’est pas encore fermée. D’autres noms sont avancés, en attente de la confirmation de Barkat ne constitue qu’un pan des affaires que devront traiter des magistrats. Une simple comptabilité des dossiers et des personnes impliquées, revient à déduire que les procès seront très nombreux, imbriqués les uns dans les autres et l’on n’est parti pour plusieurs années de procédures judiciaires qui iront au-delà du mandat du prochain président de la République.