vendredi , 21 février 2020

Saison estivale, l’éternelle débrouillardise

La saison estivale 2017 vient à peine de pointer le nez, et voilà déjà les premiers dérapages et les premières dérives qui s’installent, comme chaque année, pénalisant les conditions d’accueil et de séjour de millions de vacanciers. A moins de deux mois, de l’ouverture officielle de la saison estivale, aucun changement, ni amélioration sensible, n’est ressentie à travers les communes côtières concernées. Comme chaque année depuis des décennies, les subventions et les crédits dépensés au chapitre de la «préparation de la saison estivale» ne servent au mieux, qu’à colmater les brèches et repeindre les façades les plus visibles, d’un paysage urbain bien dégradé. Une dégradation qui dans certains endroits, prend des allures dignes de certains territoires «tiers-mondistes», frappés par le laxisme et l’anarchie. Ici et là, le long de la Corniche oranaise, le «sous-développement» dans tous les sens du terme, reprend toute sa signification, contredisant sur le terrain, tous les discours et les promesses de progrès et de changement. Un état des lieux, publié hier, par un confrère de la presse locale, signale les «premières installations illégales de solariums et l’ouverture des gargotes illicites, des baraques proposant à la vente des aliments douteux». Il y a quelques jours, le quotidien Ouest Tribune publiait des photos de mansardes construites illicitement sur le domaine maritime, illustrant la dégradation avancée des espaces, consacrés pourtant au tourisme et au cadre de séjour des vacanciers. Malgré les multiples instructions du gouvernement et les efforts indéniables des autorités locales pour restaurer un semblant d’ordre et d’harmonie, les zones côtières de la wilaya semblent figées et incapables de sortir de l’ambiance d’impunité et de non-droit. Concernant la concession des plages aux opérateurs privés, les instructions ministérielles, pourtant bien claires, sont difficiles à mettre en œuvre et à appliquer pour de multiples raisons, liées à la fois aux conditions sociales, à la conjoncture politique et surtout aux mentalités rétrogrades, contrôlant le plus souvent les commandes de gestion de nos APC. Plagistes et gardiens de parking autoproclamés, commerçants illicites, trafiquants de drogue ou de boissons alcoolisées et bien d’autres acteurs, tapis dans l’ombre des activités «récréatives et nocturnes» de la Corniche oranaise, n’ont aucun intérêt à accepter le moindre changement pour un ordre social et urbain, digne du progrès et de la modernité. Bien au contraire, le règne du chaos et du laisser-faire permet toutes sortes d’abus et de dérives. Au cœur de la Commune d’Ain El Turck, sur un périmètre urbain de moins de 1000 m2, pas moins de six «boites de nuit» sont installées, se disputant un profil de clientèle très convoité: celui de responsables de structures ou d’institutions diverses…

Par S.Benali