jeudi , 21 novembre 2019

Scandaleux état des lieux au centre anti-cancer d’El Hassi

Le centre anti cancer Emir Abdelkader à El Hassi, reflète et rassemble à lui seul toutes les tares et les dysfonctionnements qui pèsent sur le secteur de la santé depuis des décennies. La récente visite sur les lieux du ministre de la santé, M. Mohamed Miraoui, aurait, nous dit-on, permis de cerner les nombreuses contraintes et problèmes qui pénalisent la prise en charge des malades, enfants cancéreux, ainsi que de leur parents, des pères ou mères de familles modestes confrontés aux aléas du manque de médicament, de l’absence d’équipement de radiologie, des difficultés de transport et de transfert vers d’autres structures spécialisées, des conditions d’accueil et de façon générale, de l’anarchie et du chaos qui règne dans ce centre anti-cancer qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. A son arrivée au centre, le ministre concerné a été accueilli par les cris de colère et les pancartes brandies aussi bien par les parents de malades que par le personnel paramédical, dénonçant, tous, les conditions de fonctionnement de l’établissement sanitaire jugées catastrophiques. Et presque tous pointent du doigt le directeur de l’établissement accusé, à tord ou à raison, d’être le seul responsable de la dégradation de l’état des lieux pourtant connu depuis longtemps. Des parents, gardes malades auprès de leurs enfants hospitalisés citent, entre autres, les coupures d’eau, le manque d’endroit pour laver les vêtements, les contraignant à le faire dans les sanitaires, et d’autres anomalies indignes d’une prise en charge dans les conditions élémentaires d’humanisme et de respect des malades. Et pour répondre à toutes les doléances, protestations et questions soulevées, le Ministre a annoncé «qu’une commission ministérielle sera dépêchée dans les tous prochains jours pour enquêter sur la gestion et les conditions de prise en charge des malades dans ce centre anti-cancer pour enfants. Niant toute pénurie de médicaments, le Ministre a affirmé que «les médicaments sont disponibles au niveau de la pharmacie centrale des hôpitaux». Une déclaration qui, pour des observateurs avertis, ne pouvait que confirmer les rumeurs et supputations sur certaines graves dérives de gestion impliquant différents acteurs intervenant dans ce sensible créneau de la maladie cancéreuse chez les enfants. Installée au cœur des rouages de fonctionnement de l’établissement, l’association des enfants malades du cancer est elle aussi visée, à demi-mot et plus discrètement, par diverses accusations. On sait cependant que cette association, avant le décès de son ancien président connu pour son intégrité et son engagement bénévole au service des enfants malades du cancer, a toujours fait preuve d’un travail utile et précieux en matière d’aide et d’assistance aux malades et à leurs parents. Mais certaines données auraient semble-t-il changé, laissant place à des interrogations sur l’efficacité et la crédibilité des circuits de collecte et de redistribution des fonds et des produits collectés. La commission d’enquête dépêchée par le ministère permettra peut-être de lever le voile sur toutes les dérives, réelles ou supposées, et de situer les carences et les responsabilités…

Par S.Benali