vendredi , 6 décembre 2019

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Seul l’intérêt commun

Les étudiants ont marché hier pour demander des changements politiques profonds, d’en finir avec le système actuel et plaider pour la naissance d’une deuxième république, tout en insistant sur le caractère pacifique de leurs marches et l’unité de la nation algérienne. Des manifestations et des marches qui, depuis le 22 février et jusqu’à ce jour, se déroulent sans trop de débordements ni violence, avec des agents de la sécurité qui se bornent à accompagner les marcheurs et assurer leur sécurité.
Donc nonobstant des incidents marginaux, il faut saluer le degré de conscience qui anime nos jeunes et leur grand sens de responsabilité quant à tout faire pour ne pas voir les choses déraper, comme l’espèrent secrètement certains. Ils ne font en réalité qu’exercer ce que leur permet la constitution et les lois de la République.
Sur un autre registre, il y a cette bizarrerie de certains à donner un peu plus d’importance à toutes les déclarations et les débats qui ont lieu de l’autre coté de la Méditerranée. Le moindre mot, la moindre ligne pondue dans une télévision ou un journal français prennent des espaces qui renseignent sur ce complexe qu’ont certains vis-à-vis de tout ce qui vient de la France.
Certes c’est là l’ancien pays colonisateur, mais de là à vouloir en faire le tuteur de l’Algérie de 2019, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir, même s’il a été franchi par certains.
Et même si les quelques responsables français qui ont eu à s’exprimer sur ce qui se passe en Algérie ont choisi la prudence, il n’en demeure pas moins qu’il reste bizarre que ces mêmes cercles ne semblent nullement s’en offusquer et cherchent même à voir une ingérence plus explicite et plus prononcée de Paris.
Ce cordon ombilical qu’entretient encore une certaine élite algérienne vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, fait un peu tâche et ne rend pas hommage à l’engagement de la jeunesse algérienne qui manifeste aujourd’hui dans les rues de la capitale et d’autres villes encore du pays.
Alors que le pays est à la croisée des chemins, nous avons plus besoin d’Algériens convaincus que le salut de notre pays ne peut venir que de ses enfants et que le plus important et la seule chose qui doit nous guider c’est le bien de notre pays et rien d’autre.

Par Abdelmadjid Blidi