jeudi , 19 octobre 2017

Solariums clandestins et constructions illicites

Et le constat est sans appel: malgré les interventions des pouvoirs publics et les opérations de police visant au démantèlement des solariums clandestins et des extensions illicites sur les plages de la daïra d’Aïn El Turck, on assiste encore et toujours au retour de la même situation de chaos et de non-droit sur un terrain gangrené par les pratiques illicites sous toutes les formes. Après chaque passage de policiers, les solariums clandestins se réinstallent sur les plages au grand dam des modestes vacanciers qui subissent le diktat de ces énergumènes imposant leur loi sur l’espace public. «Pour être tranquille et éviter même de se faire agresser, il faut débourser entre 1 000 et 1 500 da afin de s’installer sur la plage… On est loin des discours et des affiches placardées à l’entrée de la Cité affirmant que l’accès aux plages est gratuit». Beaucoup de citoyens ont du mal à comprendre pourquoi, malgré les moyens humains et matériels mobilisés par les forces de police lors des opérations de démantèlement des solariums sauvages, les autorités ne parviennent pas à endiguer le phénomène des solariums clandestins. Cela rappelle un peu le fléau des bidonvilles et des constructions illicites qui reviennent sur le terrain quelques semaines, voire quelques jours seulement après leur démolition. On sait pourtant que de fermes instructions ont été adressées aux Wali par le Ministère de tutelle pour faire respecter le principe de la gratuité des plages. Ces instructions ministérielles concernent d’ailleurs l’éradication de toutes les activités informelles sur les plages et/sur la voie publique et qui sont à l’origine de la pollution sous toutes les formes et de la dégradation du cadre de vie et de l’environnement à travers ces communes dites balnéaires. Des communes pratiquement «colonisées» par des bandes d’individus, armés de gourdins et d’armes blanches, occupant la moindre ruelle pour contrôler le stationnement et dictent leur loi, n’hésitant pas à menacer les automobilistes qui refusent de payer. Sur le boulevard longeant la plage des Andalouses, entièrement contrôlé par ces pseudo-gardiens de parkings, les automobilistes doivent débourser 200 dinars et parfois bien plus, selon le profil et l’apparence. Ainsi, les exploitants de solariums clandestins et les gardiens de parkings auto-proclamés, conjuguent leurs efforts pour accentuer l’anarchie et le climat de peur et de marasme bien perceptible parmi les vacanciers. Une dégradation à la fois du cadre urbain et de l’ambiance estivale collective est dénoncée par une majorité de vacanciers venus de toutes les wilayas et même de l’étranger. Car, en plus de l’ambiance «sonore» déconseillée aux enfants, marquée par les cris et les propos vulgaires et menaçants, les estivants ont toujours droit aux tas d’ordures et de détritus qui jonchent le sable et aux odeurs pestilentielles qui se dégagent en certains endroits… Une situation de chaos qui dure depuis des années, malgré les discours et les engagements de responsables, souvent défaillants et incapables d’assumer leur rôle et leur mission.

Par S.Benali