vendredi , 19 avril 2019

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Stand-by

Le Parlement, avec ses deux chambres, a pris acte hier de la vacance définitive du poste de président de la République, après la démission de Bouteflika. Et conséquence directe de cette constatation, comme le stipule l’article 102 de la Constitution, c’est le président du sénat, Abdelkader Bensalah, qui assumera de fait le poste de chef de l’Etat, pour trois mois.

Une formalité constitutionnelle qui ne peut souffrir d’aucune contestation, si ce n’était le contexte particulier que connaît le pays depuis plus de sept semaines maintenant. Car au tout début, le départ de l’ancien président s’est fait sous la pression populaire qui avait refusé et le cinquième mandat et la prolongation du quatrième. Et c’est cette même contestation populaire qui ne veut pas de Bensalah, qui est un « B » parmi les trois qu’elle refuse.

Et même si Bensalah, en tant que chef de l’Etat, et non comme président de la République, n’a dans les faits presque aucune prérogative, sinon d’assurer l’intérim en attendant l’organisation de nouvelles élections présidentielles, il n’en demeure pas moins que la rue se sent trahie et jure de continuer son mouvement de protestation jusqu’au départ de toutes les figures de l’ancien système à commencer par les trois « B » que sont Bensalah, Belaiz et Bedoui.

A cette heure, il n’en est rien de tout cela, et les trois hommes continuent de gérer les affaires courantes du pays. Les étudiants qui ont été les premiers à sortir hier, presque au même moment où se réunissaient les parlementaires, ont rappelé ces revendications en attendant de voir de quoi sera fait le prochain vendredi.

Pour les décideurs, l’urgence était de parer au vide institutionnel et en particulier à la tête de l’Etat, mais il reste qu’il faut répondre aux doléances et revendications de grandes franges de la société qui ne veulent pas de ce qu’elles qualifient d’un « retour déguisé » du même système. Pour ce, il s’agit aujourd’hui de mettre en oeuvre des mécanismes de garanties d’élections propres et démocratiques en revoyant, dans les jours à venir, toutes les dispositions de l’opération électorale de fond en comble avec ses lois, son fichier électoral et sa commission de surveillance.

Tout un programme lourd et difficile à mettre en oeuvre. Mais en attendant d’y arriver l’Algérie reste en stand-by, car rien ne dit que cette première sortie de crise sera acceptée par toutes les composantes de la société algérienne.

Par Abdelmadjid Blidi