mercredi , 25 avril 2018

Système de gestion propice aux échecs et à la régression

Le théâtre de verdure Hasni Chakroune à Oran, fera l’objet d’une opération d’aménagement et de réhabilitation, inscrite nous dit-on, dans le cadre de la «réhabilitation des infrastructures culturelles de la ville, en perspective de la saison estivale et des jeux Méditerranéens de 2021». C’est ce que rapportait hier, un quotidien de la presse nationale, citant des sources proches du dossier. Cette énième action d’amélioration de l’état des lieux du théâtre de verdure, consiste précise-t-on en des «travaux de confortement de la scène, d’aménagement des allées et des loges des artistes, ainsi que le remplacement des sièges qui ont été détériorés». Le même genre de travaux de réfection ont été déjà engagés, au niveau d’autres infrastructures culturelles, notamment la salle Marhaba et le conservatoire municipal. L’information peut a priori sembler normale et anodine, s’il n’y avait pas derrière ces relents de «déjà vu… déjà vingt fois entendu» soulevant de lourdes interrogations sur les conditions de préparation et d’exécution, de ces opérations de réhabilitation qui reviennent aux mêmes endroits, en moyenne tous les six ou sept ans…Il y a deux ans, presque jour pour jour, en avril 2016, en découvrant le chantier à l’arrêt, de réhabilitation de la salle de cinéma «Marhaba» (ex(Escurial), le Maire d’Oran M. Boukhatem, a eu du mal à cacher sa colère, et avait ordonné l’ouverture d’une enquête administrative, sur les conditions de passation de ce marché, avec une petite entreprise locale qui a fini par se désister. Une entreprise, qui était, nous disait-on, la seule à avoir répondu à l’appel d’offres lancé par les responsables communaux. Un appel d’offres qui est resté plutôt «invisible», puisqu’il n’a été publié que sur un seul journal, très peu distribué, voire même inexistant chez les buralistes d’Oran et de la Région. Ce qui, fatalement, allait entretenir la rumeur et nourrir le doute et les suspicions sur la validité de ces procédures d’appel d’offres qui touchent plusieurs secteurs. On sait par ailleurs, que la salle «Marhaba» (ex-Escurial), tout comme le théâtre de verdure, le conservatoire, le palais de la culture de la place Zeddour Brahim et bien d’autres infrastructures, ont déjà fait l’objet dans un passé récent, de plusieurs opérations dites d’aménagement ou de restauration. Des opérations faisant l’objet d’un marché public et qui, on le sait, n’ont rien à voir avec des actions courantes et nécessaires, d’entretien et de maintenance des anciennes et belles structures, dédiées à l’animation artistique et culturelle à Oran. A l’image de ses anciennes et magnifiques salles de cinéma, le théâtre de verdure, le conservatoire, la bibliothèque, et bien d’autres lieux historiques, qui ne cessent d’être à leur tour pénalisés par tout un système de gestion aléatoire et incohérent, propice aux échecs et à la régression.

S.Benali