mardi , 7 avril 2020

Tâtonnements et retards récurrents

Mardi dernier, notre confrère à ouest Tribune a décrit, et dénoncé à juste titre le lamentable état des lieux qui sévit encore au service de l’infectieux du CHU d’Oran. Une situation, écrit-il, qui n’est plus à passer sous silence, tant elle dépasse les limites de la décence et du respect des règles les plus élémentaires de la prise en charge des malades en milieu hospitalier. Et il est vrai qu’une simple petite visite dans ce service permet de constater l’ampleur du chaos et de la régression qui règne ici depuis quelques années. Ce vieux service de l’infectieux du CHU d’Oran accueille des malades hospitalisés pour diverses pathologies graves dans des conditions lamentables. Dans des semblants de chambre très étroite, sans aucune commodité, les malades semblent livrés à eux-mêmes par manque flagrant de maîtrise et de coordination entre les équipes médicales qui se succèdent au fil des gardes. Notre confrère a rappelé que cet espace a été consacré en 2015 à l’hospitalisation de jour après le lancement du chantier de réalisation d’une nouvelle structure plus spacieuse et mieux adaptée à la prise en charge des maladies infectieuses, dont le sida. Sans nier ou dénigrer les efforts et le sincère engagement de bon nombre de médecins et de para-médicaux qui font tout ce qu’ils peuvent pour assumer leur mission, il faut bien admettre que les conditions matérielles et l’état de l’hygiène et de l’environnement autour de cette ancienne enceinte sont déplorables. Même les animaux errants, chats, chiens, rats et nuées de moustiques occupent ici les lieux en toute impunité. On sait pourtant, comme le rappelle notre confrère, que ces locaux abritant l’hôpital du jour du service de l’infectieux, ont été «rénovés» et aménagés suite a une opération qui a coûté la coquette somme de 20 milliards de centimes. Le projet de réalisation du nouveau service de l’infectieux a connu quand à lui la même fatalité des tâtonnements et des retards récurrents marquant la plupart des projets programmés dans le secteur. Lancé en 2015, le nouveau service infectieux, un simple bâtiment de quatre étages d’une capacité de 64 lits, devait être réceptionné en 2017… Vu l’état d’avancement des travaux, la réception du projet n’aura pas lieu dans les prochains jours. Et les malades du service infectieux continueront à subir l’inconfort et les désagréments qui résultent du laxisme et de la médiocre gestion de nos infrastructures hospitalières…

Par S.Benali