dimanche , 17 novembre 2019

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Tourisme… Le triste constat

Au nord, comme au sud de la Méditerranée, l’heure est aux vacances. Les résultats des examens de fin de cycle presque tous connus, la période des congés officiellement ouverte et un été particulièrement chaud, offrent à la classe moyenne des populations habitant les deux berges de la Grande Bleue, l’opportunité de se refaire une santé mentale. Dans le lot, et malgré l’instabilité politique que vit le pays, l’Algérie peut légitimement prétendre à sa part du gâteau estival. Ses belles plages, ses majestueuses montagnes, le grand sens de l’hospitalité qui caractérise ses habitants constituent autant d’atouts. Et il n’y a pas que cela, tous les grands festivals internationaux organisés dans les quatre coins du pays, et pas n’importe lesquels, sont d’authentiques « produits d’appel ». El Djamila, Timgad, Sidi Fredj sont autant de noms de région et de villes chargés d’histoire et de culture qui, annuellement, sont le théâtre de manifestations culturelles de haut niveau.
Et puis, il n’y a pas que ces grands moments artistiques que propose l’Algérie, il y’a aussi les rendez-vous plus modestes, mais très conviviaux. Le Chaâbi, la chanson Kabyle, le G’naoui ont tous, leur semaines en Algérie et plusieurs villes fêtent tous les genres musicaux. Et ce n’est pas fini, les touristes découvriront d’autres cultures arabes et africaines. L’Algérie est une terre de convergence de beaucoup de cultures. Elle assume bien sa diversité et sait la valoriser.
Les ministères de la Culture et du Tourisme sont censés se plier en quatre pour satisfaire les hypothétiques visiteurs pour qu’ils ne repartent pas déçus. En quelques années, des centaines d’hôtels ont vu le jour dans plusieurs villes du pays. D’Est en Ouest et du Nord au Sud, des infrastructures touristiques sont « opérationnelles». De quoi accueillir simultanément des dizaines de milliers d’estivants.
Mais ne nous cachons pas la réalité. Le tableau précédemment décrit est idéal, mais en raison d’une qualité de service exécrable et d’une politique des prix rebutante, les beaux atouts de l’Algérie en matière de tourisme ressemblent à un château de carte dont on se rend compte de la grande fragilité.
Un séjour en Algérie coûte donc les yeux de la tête pour les Algériens eux-mêmes. A dépenses égales, on est bien mieux au Maroc et en Tunisie. Cela pour dire que révolution pacifique ou pas, ce sont les Algériens qui profiteront des festivals et du service impeccable de l’industrie touristique de nos voisins et d’ailleurs. Quant à notre pays, il restera tristement vide cet été, avec ce que cela suppose comme saignée en devises et perte sèche pour l’économie nationale.

Par Nabil.G