vendredi , 19 avril 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Dans un discours à la 4ème RM, Gaïd Salah évoque la période de transition</span>:<br><span style='color:red;'>«Toutes les perspectives possibles restent ouvertes»</span>

Dans un discours à la 4ème RM, Gaïd Salah évoque la période de transition:
«Toutes les perspectives possibles restent ouvertes»

Ahmed Gaïd Salah confirme l’attachement de l’armée de rester dans les rangs du peuple : «Nous sommes convaincus que le peuple algérien digne et civilisé est à même de relever tous les défis et surmonter toutes les crises, grâce à son génie puisé de ses valeurs et fondements historiques et sa longue expérience dans les épreuves… »

L’ANP protège le peuple, reste très disponible pour trouver une solution rapide à la crise et maintient ses accusations à l’endroit de l’ancien premier responsable du Département de renseignement et de sécurité. Ahmed Gaïd Salah, qui a prononcé un discours, hier, au siège du commandement de la 4e région militaire, a effectivement mis en exergue toute la volonté de l’ANP à accompagner la révolution pacifique algérienne. «J’insiste une fois encore sur la nécessité de suivre la voie de la sagesse et de la patience, étant donné que la situation prévalant au début de cette transition est exceptionnelle et complexe, nécessitant la conjugaison des efforts de tous les patriotes dévoués en vue de sortir indemne de cette épreuve», a indiqué le chef d’état-major de l’ANP, non sans omettre de préciser que l’armée accompagnera «les institutions de l’Etat durant cette transition». Cette affirmation qui vaut une détermination à ne pas empêcher les manifestations populaires est suivie par une nette évolution de la position de l’ANP vis à vis des moyens de sortie de crise. En effet, Ahmed Gaïd Salah est on ne peut plus clair: «Toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais». Cela veut dire que l’option d’une issue strictement constitutionnelle est abandonnée, mais l’urgence demeure, «car la situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté», insiste le général de corps d’armée.
Accélérer la cadence des enquêtes anti-corruption
Sur un autre aspect qui fait l’actualité ces derniers jours, à savoir la lutte contre la corruption, le chef d’état-major ne fait pas dans la nuance. Comme il l’a «souligné lors d’occasions précédentes la nécessité pour la justice de poursuive les individus impliqués dans des affaires de corruption, nous attendons à ce que les instances judiciaires concernées accélèrent la cadence du traitement des différents dossiers concernant certaines personnes ayant bénéficié indûment de crédits estimés à des milliers de milliards, causant préjudice au Trésor public et dilapidant l’argent du peuple», martèle-t-il.
Un « dernier avertissement » à l’ancien chef du DRS
L’important pour Ahmed Gaïd Salah demeure aussi les agissements de l’ancien patron des services de renseignements. Le premier responsable de l’Armée persiste et signe sur ce dossier précisément : « J’ai déjà évoqué, lors de mon intervention du 30 mars 2019, les réunions suspectes qui se tiennent dans l’ombre pour conspirer autour des revendications du peuple et afin d’entraver les solutions de l’Armée Nationale Populaire et les propositions de sortie de crise.» A ce rappel, le chef d’état-major ajoute que «ces parties, à leur tête l’ex-Chef du Département du Renseignement et de la Sécurité, ont tenté, en vain, de nier leur présence dans ces réunions, et d’induire en erreur l’opinion publique, et ce, en dépit de l’existence de preuves irréfutables sur ces faits abjects.» Le propos est ferme et l’accusation est directe. «Nous avons affirmé, ce jour là, que nous allions dévoiler la vérité, et les voici continuer à s’agiter contre la volonté du peuple et œuvrer à attiser la situation, en approchant des parties suspectes, et inciter à entraver les solutions de sortie de crise», soutient-il, allusion à des pratiques qui ont toujours cour, malgré les mises en gardes de l’armée. «A cet effet, je lance à cette personne un dernier avertissement, et dans le cas où il persiste dans ses agissements, des mesures légales fermes seront prises à son encontre», assène le chef d’état-major de l’ANP.
L’armée protégera le peuple et les manifestations
Sorti de cet aspect de la crise, Ahmed Gaïd Salah confirme l’attachement de l’armée de rester dans les rangs du peuple : «Nous sommes convaincus que le peuple algérien digne et civilisé est à même de relever tous les défis et surmonter toutes les crises, grâce à son génie puisé de ses valeurs et fondements historiques et sa longue expérience dans les épreuves, et nous affirmons que nous comprenons ses revendications légitimes pour lesquelles nous nous sommes engagés à œuvrer à les concrétiser.» Avant d’ajouter que « La décision de protéger le peuple, avec ses différentes composantes, est une décision irréversible et dont nous ne dévierons point. Partant de la solidité des liens de confiance liant le peuple à son Armée, nous avons donné des instructions claires et sans équivoques pour la protection des citoyens, notamment lors des marches». C’est là une profession de foi et un engagement de l’armée qu’il n’y aura ni répression, ni appels à cesser les manifestations.
Mais «la réalisation de ces objectifs requiert plusieurs étapes nécessitant de la patience, de la compréhension et le rejet de toute forme de violence», a insisté le général de corps d’armée dans son discours. Et d’affirmer : «l’étape principale étant concrétisée, elle sera, certainement, suivie par d’autres jusqu’à la réalisation de tous les objectifs escomptés, et ce, sans perturber le fonctionnement des institutions de l’Etat, qui devraient être préservées pour permettre la gestion des affaires de l’Etat et les intérêts de nos concitoyens».
Affirmant le plein engagement de l’ANP à garantir la sécurité de tout le peuple, Ahmed Gaïd Salah dira, au nom de l’ANP, «Cependant, nous attendons, en contrepartie, de la part de notre peuple d’éviter le recours à la violence, de préserver les biens publics et privés et d’éviter d’entraver les intérêts des citoyens. Je tiens à souligner dans ce cadre la nécessité du respect total des symboles de l’Etat, à leur tête l’emblème national, en ce qu’il représente comme une symbolique sacrée de l’unité de la nation et du peuple et des sacrifices des générations à travers l’histoire. Et nous sommes fermement convaincus que notre peuple sera à la hauteur de l’image civilisée et prestigieuse que lui a réservé l’histoire et que les différents médias ont relayé à travers le monde».
Ces préalables fixés, le premier responsable de l’armée affirme ceci : «Nous, en tant que Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire et face à la responsabilité historique que nous assumons, nous respectons parfaitement les dispositions de la Constitution pour la conduite de la transition, et je voudrais réitérer que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais, de façon à servir l’intérêt suprême de la patrie, sans égard à l’intérêt des individus et que nous n’avons aucune autre ambition que celle de protéger la patrie, faire régner la sécurité et la stabilité et préserver l’image de marque du pays, comme l’auraient voulu nos vaillants martyrs et qu’Allah m’en soit témoin». Ceci étant la position de l’ANP.
Younes Rahal