mercredi , 11 décembre 2019

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Trump, Kim et la dénucléarisation

Le président le moins politiquement correct que les Etats Unis aient connu, serait en passe de gagner l’une des plus importantes batailles de l’hyper-puissance depuis la guerre froide. Ce n’est pas encore le cas, à proprement parler, mais Donald Trump a réussi à briser la glace qui a séparé l’occident de la Corée du nord. Beaucoup de présidents s’y sont essayé, avant lui et ont lamentablement échoué dans leur entreprise. En s’affichant aux côtés du président nord-coréen, comme le seul occidental à lui avoir serré la main, le locataire de la Maison blanche semble savourer sa victoire à chaque sommet.
Il va jusqu’à «fructifier» les poignées de mains et placer cette nouvelle relation que les USA battissent avec le régime le plus fermé de la planète, pour donner les grandes lignes de ce que seront les relations internationales dans le futur proche. Le président US trace donc de nouvelles lignes et n’inclut dans son pré-carré personne. Il entend faire de son pays la puissance impériale par excellence et le reste du monde à son pied. Les tête-à-tête qu’il a avec le dirigeant nord-coréen ne visent pas à ramener la paix et stabilité dans le monde, mais à se frayer un passage pour une logique de domination sans partage, avec ce que cela suppose comme guerres futures avec de nombreuses autres puissances intermédiaires.
Cela pour les vœux cachés, mais assumés du patron de Washington. Quant à son vis à vis, du moment, Kim Jong Un, il est entendu que la partie est loin d’être gagnée. Le jeune président ne semble pas être dans la posture du quémandeur, contrairement à ce que les Américains veulent faire croire à l’opinion internationale. Il a plus qu’une idée derrière la tête. Il négocie avec son «ami» Trump, non pas la destruction de son arsenal nucléaire, mais la levée des sanctions économiques qui frappent son pays depuis des années. On voit très mal une puissance nucléaire se défaire de son arme de dissuasion. En somme, dans les face-à-face qui semblent passionner les chroniqueurs de la presse occidentale, les deux pays jouent au «pocker menteur», mais certainement pour garantir la paix dans le monde.
Le vœu d’une dénucléarisation totale de la planète n’est pas au programme, ni à Pyongyang et encore moins en France ou en Grande Bretagne. L’avènement de la paix mondiale n’aura pas Trump comme messager.

Par Nabil G