vendredi , 19 avril 2019

...:
Trump le pyromane

Heureusement, les constituants américains furent bien avisés d’inscrire l’équilibre des pouvoirs en lettres d’or, sinon Donald Trump aurait déjà créé une troisième guerre mondiale. Après deux ans de présidence dans le pays de la famille Rothschild, le président républicain vient de planter sa bannière au sommet de la bêtise. En offrant la souveraineté du Golan sur un plateau d’argent à Israël, le monde entier se demande jusqu’où, le maître de la Maison Blanche peut-il aller ?

En signant le 25 mars dernier ce fameux décret attribuant le plateau syrien du Golan, annexé en 1967, il dépose dans son palmarès un autre trophée de la provocation. Albert Camus disait que « la bêtise insiste toujours, mais qu’on ne s’en apercevait pas, parce qu’on ne pensait pas toujours à soi ». Mais le leader de la première puissance sur cette terre a-t-il le temps d’analyser ses dérapages ? Il les enchaîne grâce à sa démarche de politique internationale au caractère vulgaire, dénuée des instruments toujours plus subtils et dénués du contrôle intellectuel, comme l’écrit Witold Gombrowicz. On se croirait dans un scénario de fiction. Après la triste histoire du mur indigne qui sera édifié entre les Etats Unis et le Mexique pour séparer des millions de familles, et pour lequel l’administration américaine vient finalement de lui octroyer la bagatelle de 1 milliard de dollars, le contrôle du Golan rendu à Israël confirme les dispositions naturelles de Trump à défier la planète.

Il agit en bulldozer, tenant dans sa main droite les pays arabes du Moyen Orient, et dans sa gauche l’Europe. Jamais, président n’a autant méprisé le nouvel ordre mondial. Il se moque de cette notion en dédaignant les droits, les alliances, les traités, la morale, jusqu’à s’interroger sur sa capacité à appréhender les risques de violence et de conflits internationaux.

Des experts et de nombreux médias se demandaient si le président américain maîtrisait-il les dossiers sensibles de l’heure ? Sur cette question du Golan, certes, depuis son élection, Trump avait exprimé son soutien à Netanyahou à travers une offrande inespérée, reconnaitre la ville sainte d’El Qods comme capitale d’Israël. Auparavant, en novembre 2018, Washington avait voté contre une résolution de l’ONU considérant l’annexion du Golan par Israël « nulle et non avenue ».

Autant de cartes décisives en faveur du parti de Netanyahou en lice pour les législatives du 9 avril prochain. Dans pareilles situations de confort, pourquoi Israël se gênera-telle à conquérir le plateau du Golan ? Ce territoire stratégique, riche en eau, surplombé par la Galilée et le lac de Tibériade est habité en majorité par des druzes arabes et des syriens fidèles à Damas et à Hafedh El Assad. Il représente depuis 1947 une terre stratégique pour l’édification du Grand Israël, le rêve du sionisme et de ses pendants politiques. Et comme c’est toujours le vainqueur qui impose les frontières, le Golan pourrait injustement comme toujours, devenir un autre sujet de forte tension dans une région déjà bien fournie en tourmentes et en complots. Déjà, forte de son parrain américain, Tel Aviv multiplie les opérations de défiance et d’extermination des palestiniens, à petits feux, avec une extrême agressivité.

L’escalade générera des répercussions dangereuses, tant que Donald Trump bousculera avec une aisance bizarre toutes les lois internationales. Le « Trumpisme », à savoir la loi du plus fort, le mépris des lois semble avoir encore de beaux jours devant lui. Parce que les politiques menées par les gouvernements américain et israélien ne sont pas contestées.

Les seules parades de l’ONU et de toutes les nations de cette planète en danger sont de « dénoncer ». La fumisterie du droit international force le Monde à reculer. Jusqu’où ira Donald Trump ? Il ne cesse d’allumer les mèches. Et puisqu’il dirige l’univers, et à propos d’annexion, pourquoi le président US ne décrétera pas la souveraineté de l’Allemagne sur l’Alsace Moselle annexée durant 47 ans ?

Par Fayçal Haffaf