jeudi , 14 novembre 2019

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Un aboutissement de la volonté populaire

Les présidentielles sont désormais sur rails. Le pays se doit de retrouver un cadre apaisé pour sortir du bourbier dans lequel il se trouve depuis plus de sept mois. La magnifique mobilisation citoyenne enclenchée depuis le 22 février dernier a permis des acquis que peu d’entre nous croyaient possibles. Et pourtant, la conviction sincère des pionniers du hirak a permis de clore définitivement la mauvaise aventure du cinquième mandat. Elle a aussi arrêté en plein vol la prolongation déguisée du quatrième mandat d’un président qui ne contrôlait plus rien et devenait l’otage d’un cercle qui n’a pas hésité à enfreindre toutes les lois de la République.
Le hirak c’est aussi l’ouverture d’une lutte sans merci contre la corruption et la prédation de responsables qui ne savaient plus s’arrêter et se croyaient tout permis. Un mouvement populaire qui a été accompagné dés le début par l’Armée algérienne qui, encore une fois, s’est montrée à la hauteur des grands moments de l’histoire de notre pays. Le pacifisme du mouvement populaire et le soin pris par toutes les parties à éviter tout débordement et tout basculement vers la violence a permis à l’Algérie de ne pas connaître les graves dérapages d’octobre 1988.
Ceci dit, et après sept mois de manifestations, il est bien temps de récolter les fruits de cette mobilisation unique dans l’histoire du pays. Il est temps de revenir à la légalité constitutionnelle, à éviter les pièges des jusqu’au-boutistes et des populistes, en dotant le pays des institutions légales et constitutionnelles à commencer par l’institution présidentielle. Une élection présidentielle qui verra cette fois toutes ses étapes se dérouler (et c’est là aussi un acquis à mettre à l’actif du hirak) sous la surveillance d’une Autorité indépendante totalement libre et libérée de l’administration. Un gage de bonne volonté et de sincérité pour garantir les meilleures conditions de transparences aux joutes électorales du 12 décembre.
Et comme l’a dit le chef de l’Etat actuel, dans son dernier discours, ce sera au prochain président, élu légitimement, que reviendra la charge de concrétiser toutes les revendications exprimées par le peuple. Une échéance avait dit Abdelkader Bensalah « qui permettra à notre peuple d’élire un nouveau Président qui aura toute la légitimité pour présider aux destinées de notre pays et concrétiser les aspirations de notre peuple». Une reconnaissance claire du nécessaire retour à la légitimité institutionnelle et constitutionnelle qui permettra au pays d’avancer réellement dans tous les domaines, y compris celles des libertés individuelles et collectives portées par le hirak depuis le 22 février.

Par Abdelmadjid Blidi