jeudi , 23 janvier 2020

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Un bien triste anniversaire

En proclamant le 15 novembre 1988 à Alger, la création de l’Etat palestinien, le défunt leader Yasser Arafat, a fait preuve d’un grand courage politique et d’un grand sens de responsabilité digne des grands hommes d’Etat. Les espoirs nés de cette décision étaient grands, et ce grand tournant allait permettre d’enclencher un processus de paix qui connaîtra son apogée avec le traité de paix d’Oslo.
Mais force est de reconnaître aujourd’hui, que ce 30ème anniversaire de cette proclamation est un anniversaire bien triste et bien amer. La cause palestinienne est bien orpheline aujourd’hui. Les pays arabes s’en démarquent encore plus et c’est Israël qui en profite le plus. Et l’arrivée de Donald Trump aux affaires n’a pas arrangé les choses. En effet, l’administration américaine a pris fait et cause pour l’Etat hébreu. Un positionnement qui a connu son couronnement avec le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, qui est en même temps reconnue comme capitale de l’entité sioniste.
Un parti pris contre lequel il y eut peu de réactions, mais juste quelques gémissements inaudibles en forme de condamnations timides et peu convaincues et convaincantes. Un état de fait qui a conforté Israël dans sa politique de ségrégation et de violence meurtrière. Une politique basée sur une colonisation effrénée qui a pour but de déposséder les Palestiniens de toutes leurs terres, mais aussi un permis de tuer qui a fait des dizaines de morts palestiniens sans émouvoir plus que cela la fameuse communauté internationale, qui a fait le choix clair d’être derrière les Israéliens. Loin, très loin des fameux et désormais fatigants slogans des droits de l’homme d’un monde occidental qui se plait dans son hypocrisie, mais aussi un monde arabe qui a définitivement lâché la cause palestinienne.
Ce trentième anniversaire a un goût amer. L’amertume de la défaite, non seulement des Palestiniens, mais de tous les Arabes qui ne voient plus Israël comme leur premier ennemi, mais se voient plutôt les ennemis des uns contre les autres. Les Arabes ont fait ce drôle de choix de se faire toutes les guerres. De s’entretuer, comme cela se passe en Syrie ou au Yémen.
Le temps de la cause palestinienne est bien révolu pour les Arabes. Un autre monde est en train de se redessiner et les Arabes en sont les grands absents. Mais apparemment, cela ne semble pas trop les déranger. Il faut dire que leurs préoccupations sont ailleurs. Bien loin des Palestiniens et de leur drame.

Par Abdelmadjid Blidi