vendredi , 20 septembre 2019

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Un cap nouveau

Le panel a bouclé son rapport et l’a remis au chef de l’Etat. Les nombreuses notes, rencontres mais aussi conclusions de la commission de Karim Younes, sont maintenant entre les mains de Abdelkader Bensalah qui aura à décider de la suite à réserver à ce rapport, censé être la rampe de lancement des prochaines élections présidentielles.
C’est au chef de l’Etat de mettre en place le calendrier de ces joutes électorales, de la convocation du corps électoral à la détermination de la date du scrutin dans les temps convenus par la Constitution. L’armée a certes, donné une proposition et insisté sur la tenue de ces élections avant la fin de l’année. D’autres parties ont, elles aussi, émis le souhait de voir ces élections se tenir avant la fin de cette année. Il faut dire que le pays est sans président élu depuis la démission de Abdelaziz Bouteflika au mois d’avril dernier, et que le président intérimaire Abdelkader Bensalah, est déjà dans une rallonge constitutionnelle de son intérim qui devait prendre fin le 4 juillet. Aujourd’hui, l’armée a le mérite d’annoncer publiquement un avis ou un souhait qui va dans la direction du souhait de beaucoup d’Algériens. Des Algériens qui sont fatigués et inquiets par cette situation de vide à la tête de l’Etat qui a trop duré et qui n’augure rien de bon pour l’avenir du pays.
L’Algérie ne peut plus se permettre de continuer dans ce vide constitutionnel et institutionnel. Nos partenaires attendent la fin de cette crise, notre économie a besoin d’un cap bien défini, les affaires des citoyens ne peuvent plus être gérées comme de simples et surtout éternelles affaires courantes. Le temps et les choses doivent revenir à la norme. La transition ne peut être la règle ni la solution. Des décisions importantes doivent être prises, et elles ne peuvent l’être que par un président élu, car, les prérogatives de l’actuel chef de l’Etat sont bien trop limitées par la Constitution. Et ceci ne fait que freiner les choses et les rendre encore plus compliquées avec le temps.
Et cette crise qui n’est actuellement que politique, deviendra très rapidement économique et sociale. Elle ne pourra que se compliquer davantage, au point de voir la solution s’éloigner, que Dieu nous en préserve, à jamais.
Une éventualité qui est bien sur la table et qui ne relève pas de l’impossible comme essayent de le faire croire certains avec des slogans creux bien rattrapés par une situation qui ne peut plus durer au risque de voir les choses totalement déraper.

Par Abdelmadjid Blidi