dimanche , 15 décembre 2019

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Un choix qui interroge

La cause est noble. Ceci doit être évacué d’entrée pour ne pas trop tomber dans des débats stériles et sans fin. Mais il faut reconnaître que le phénomène Greta Thunberg pose question pour ne pas dire qu’il dérange. Cette gamine suédoise de 16 ans est devenue l’égérie de la lutte pour le climat. Une bulle médiatique incroyable comme on en n’a jamais connu auparavant. Elle a réussi à faire terrasser les plus puissants et à prendre sur ses épaules une cause difficilement portée par de grandes associations comme Greenpace, entre autres.
Ce lundi, elle a fait un show comme on a jamais vu au siège de l’Onu dans un discours virulent, émouvant, diront ses adeptes, où elle a déclaré sa haine aux pays industriels «Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses».
«Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous !».
Les mots sont forts, émouvants peut être, mais cette petite fille n’est elle pas allée trop loin ? Ceux qui la parrainent ne l’ont ils pas trop exposée. Car quoi que l’on dise, on est en face d’une mineure qui porte sur elle un poids bien trop lourd pour ses épaules.
Encore une fois la combat est noble, mais pourquoi serions-nous tentés de nous demander on n’a pas fait autant pour d’autres causes tout aussi nobles, sinon plus nobles. Comme ces conditions de détentions de centaines d’enfants palestiniens dans les geôles israéliens. Cette famine qui menace des milliers d’enfants africains. Ces souffrances au quotidien des enfants (garçons et surtout filles) en Afghanistan ?
Des questions légitimes qu’on est en droit de poser, car les moyens dont bénéficie la jeune suédoise sont immenses et auraient pu être aussi utilisés à des fins encore plus humanitaires. Tous les combats ne se valent pas c’est sûr, mais si seulement un tiers de cette médiatisation de Greta Thunberg a été consacré pour attirer l’attention sur la situation des enfants palestiniens, africains ou afghans, il est sûr que beaucoup de choses dans ce monde auraient changé du tout au tout. Mais il faut dire qu’un choix a été fait. Il est sûrement important, mais pas aussi urgent que la mort des enfants de ces pays.

Par Adelmadjid Blidi