mardi , 21 novembre 2017

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Un difficile exercice

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, s’apprête à affronter une rude et chargée semaine où il doit convaincre et rassurer. Une rencontre, prévue hier, avec les partis de l’«alliance présidentielle» et une présentation du Plan d’action du gouvernement devant le parlement l’attend dès le début de la semaine prochaine.
Bien sûr, l’homme n’a rien d’un novice et il connaît tous les rouages pour trouver les meilleures parades à même de calmer le jeu. Mais, il reste qu’il sera interpellé sur les choix arrêtés par le gouvernement et devra faire face aux questions et parfois même attaques frontales de l’opposition parlementaire. Les attaques, à coup sûr, se focaliseront sur le financement des projets qui seront soumis aux parlementaires. Et en ces temps de crise, inévitablement, le recours au financement non conventionnel prendra une grande partie des débats.
Le Premier ministre devra fatalement y répondre et assurer dans les faits, que contrairement à l’alarmisme exprimé par des experts quant à l’inflation qui atteindra selon eux des niveaux record, le gouvernement a en main les mécanismes à même de contrôler cette inflation qui fait si peur. Il doit convaincre à l’hémicycle, mais surtout lancer à travers ce lieu de l’expression démocratique, les assurances qu’attendent les citoyens qui se trouvent à cette heure sous l’emprise de ces prédictions alarmistes.
Bien sûr que l’exercice ne fait pas peur à cette homme dont l’éloquence verbale n’est plus à démontrer, mais il est cette fois dans l’obligation de jouer à l’équilibriste, en insistant sur le fait que la situation financière du pays est «tendue», mais aussi et en même temps tranquilliser la population quant aux choix faits par le gouvernement pour passer cette étape critique sans trop de dégâts. Rassurer sur l’irréversibilité de l’engagement social de l’Etat algérien et rassurer quant à la sauvegarde du pouvoir d’achat des Algériens, doivent guider l’intervention du Premier ministre, qui ne peut ignorer les craintes du citoyen.
L’exercice ne sera certes pas facile. Car, même s’il est acquis que le Plan d’action du gouvernement passera au niveau du parlement au vue de la majorité toute acquise à Ouyahia, il n’en est pas moins important de lancer des signes rassurants en direction de l’opinion publique nationale qui a besoin d’être vraiment rassurée en ces temps de crise.

Par Abdelmadjid Blidi