lundi , 17 décembre 2018

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Un marché sans repères

Les pays producteurs de pétrole se réunissent la semaine prochaine, alors que les prix du pétrole ont amorcé depuis quelques semaines, une descente vertigineuse qui a remis sur la table la lancinante question de savoir si l’on est à la veille d’une crise énergétique majeure, comme ce fut le cas en 2014.
Les fissures apparues au sein du cartel de l’Opep, et au-delà au sein des autres pays producteurs, ont créé une sensation de flou qui a grandement paniqué les marchés. Il est aujourd’hui difficile, y compris pour les experts, d’expliquer les raisons de cette chute et surtout ce déséquilibre qui a touché subitement le marché pétrolier. En effet, et alors que beaucoup s’attendaient à une hausse des prix, depuis l’entrée en vigueur des sanctions contre l’Iran, on a assisté à l’effet inverse. Il faut dire aussi que le vide laissé par la production iranienne a été comblé par l’Arabie Saoudite, qui jure qu’elle respecte toujours les accords signés entre les pays de l’Opep et non Opep.
Ces incompréhensions et ces trous, compliquent un peu plus la décision qui doit être prise à Vienne la semaine prochaine. Car, on ne sait pas si l’on doit décréter le gel de la production actuelle ou bien décider une autre baisse de cette production. Car, il faut savoir que le souci majeur des pays producteurs n’est pas tant les prix, mais surtout garantir un équilibre du marché.
Mais ce fameux équilibre devient compliqué du fait du ralentissement de l’économie chinoise, mais aussi de cette guerre commerciale entre Pékin et Washington. Et même si un moratoire a été décidé entre les deux pays lors du dernier sommet du G20, on ne sait pas de quoi sera fait demain, c’est-à-dire après les trois mois de trêve commerciale entre ces deux pays.
L’économie mondiale, en crise depuis près de dix ans déjà, ne donne pas de grandes indications de rétablissement et ce, au moment où les énergies non conventionnelles s’affirment de plus en plus comme un prolongement naturel et inévitable aux hydrocarbures. A ces interrogations sans réponses, il faut ajouter la politique imprévisible du président américain, qui secoue les relations internationales à tout bout de champ. Ce manque de visibilité ne plaide pas pour une politique définitive et consensuelle entre les pays producteurs de pétrole qui n’arrivent plus à maîtriser le marché, et avancent donc sans grands repères.
Mais quoi qu’il en soit, pour la majorité des experts, les prix du baril ne peuvent descendre au dessous des 40 dollars, car, ce n’est dans l’intérêt de personne de voir les prix descendre au-delà de cette barre, y compris pour les Etats-Unis. Ils estiment tous que les prix tourneront autour des 70 dollars, du moins pendant les cinq prochaines années.

Par Abdelmadjid Blidi