lundi , 24 février 2020

Un océan de tares et de dérives urbaines cumulées

Certains responsables locaux critiquent et dénoncent parfois la majorité des journalistes qui, selon eux, ne veulent jamais parler ou écrire sur ce «qui va bien et fonctionne correctement», et ne s’attardant disent-ils que sur les retards et les insuffisances». En début de semaine, le chroniqueur a été poliment mais vivement interpellé par un gestionnaire, directeur d’un secteur d’activité sensible, qui lui a reproché un présumé «manque d’objectivité» et un «excès de sarcasme et de pessimisme» pénalisant, dit-il, les efforts et les avancées enregistrées en matière de développement et de progrès. Il est vrai que dans l’écrit journalistique, les analyses et les commentaires sur l’état des lieux du développement et de la gestion des affaires de la cité, font le plus souvent l’impasse sur les actions, opérations ou projets menés et achevés avec succès, dans les délais et les règles de l’art requises en la matière. On peut éventuellement comprendre que certains acteurs, gestionnaires ou élus locaux, voudraient bien voir leur nom et leur photo à la Une d’un article élogieux relatant un sucés, une réussite, voire un «triomphe», après l’achèvement d’une action inscrite au programme de leurs activités. Mais il se trouve, que la presse, notamment à Oran, a très rarement l’occasion d’enregistrer la concrétisation d’une action publique ou la finition d’un projet d’une façon digne d’éloges, devant être soulignée et mise à la Une de l’actualité. A quoi bon «parler des trains qui arrivent à l’heure quand la majorité d’entre eux accusent des retards ?». Cette fameuse parabole, connue chez les journalistes, explique les motivations des observateurs et des commentateurs avertis qui, depuis des années, suivent l’évolution sociale, urbaine, économique, culturelle ou sportive de la ville d’Oran bien aimée. Personne n’ignore ou ne peut remettre en cause les grands efforts financiers déployés ces dernières années pour combler quelque peu les déficits cumulés par la Capitale oranaise dans presque tous les secteurs d’activité. Aujourd’hui, les Oranais sont heureux d’avoir presque en permanence de l’eau douce à leur robinet, de bénéficier de plusieurs grands projets opérationnels en matière de santé, de logements, d’enseignement, d’infrastructures routières, d’hôtellerie, d’un grand centre d’exposition, d’une grande et belle mosquée, d’un prochain complexe olympique et de bien d’autres infrastructures répondant à diverses activités. Mais faut-il pour autant toujours applaudir et sauter de joie sur son fauteuil en oubliant tous les ratés, toutes les inepties et toutes les dérives commises ici et là le long de ce cahoteux chemin vers le développement et le progrès ? En réalité, et pour illustrer le propos, la politique d’éradication des «points noirs» préconisée depuis des années, a depuis longtemps montré ses limites et son contour démagogique, tant elle est consacrée aux seules réfections et replâtrages de façades du tissu urbain oranais clochardisé à travers les cités et les quartiers. Entre le rond point des trois cliniques et les HLM, de nouveaux poteaux électriques sont depuis cinq ans implantés juste à côté des anciens poteaux, qui à ce jour, n’ont jamais été enlevés. Sans parler de ce présumé projet d’amélioration urbaine abandonné, laissant cette cité des HLM/USTO dans un décor hideux et lamentable, indigne des ambitions au progrès. Ce n’est point-là un simple «point noir» à éradiquer, mais un océan de tares et de dérives urbaines cumulées bien difficiles à corriger. Qui faut-il applaudir ou féliciter ?
Par S.Benali