dimanche , 15 décembre 2019

...:
Un parcours à méditer pour les Arabes

Le décès de l’ancien président français Jacques Chirac pourrait ne pas intéresser ni prendre cet espace précis dans notre journal. Mais à cet homme il faut reconnaître une chose qui ne saurait être occultée sous aucun prétexte, car Jaques Chirac a été le seul responsable occidental à clairement afficher son soutien aux causes arabes et surtout à la première d’entre elle à savoir la cause palestinienne.
L’homme n’a jamais caché son hostilité aux différentes politiques des Israéliens envers le peuple palestinien. Contrairement à tous les autres leaders occidentaux qui n’ont jamais osé s’en prendre et affronter l’agresseur hébreu, il a, lui, affiché et assumé sans aucun faux fuyant sa sympathie et son amitié au défunt Yasser Arafat. Cette tension qu’il y avait avec l’Etat hébreu il l’a exprimée de manière claire et publique lors de sa visite à Jérusalem en 1996 et son obstination à se rapprocher des Palestiniens alors que le service d’ordre israélien faisait tout pour l’en empêcher, d’où sa réaction très colérique à destination, non seulement de ces policiers, mais aussi à l’intention de tout le gouvernement israélien « Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want ? Me to go back to my plane, and go back to France ? Is that what you want ? Then let them go. Let them do. (…) This is not a method. This is provocation. That is provocation. Please you stop now ! »
Une phrase qu’il assumera jusqu’au bout et la confirmera encore plus, par les faits, en envoyant un hélicoptère français à Ramallah pour évacuer le président palestinien Yasser Arafat, alors gravement malade et assiégé par les soldats israéliens, vers un hôpital parisien. Des gestes que les Israéliens ont toujours en travers de la gorge au point de le qualifier avant-hier jeudi, jour de son décès d’« ami de terroriste » en parlant de feu Yasser Arafat.
Mais Chirac ne s’est jamais caché, par la parole et le geste, d’être « l’ami des Arabes » et non des « terroristes » comme le martelait la terrible machine de propagande des Israéliens. Et cela, il allait encore le prouver quand il fut le seul leader occidental et peut être le seul au monde à dire « non » aux Américains lors de l’agression contre l’Irak.
Chirac avait aussi des défauts, mais personne ne peut nier son soutien aux Arabes. Cela lui a coûté quelques frictions avec les Israéliens et les Américains, mais cela n’a rien changé dans son engagement et ses convictions. Et pour cela et pour cet engagement, il mérite beaucoup de respect. Il est sûr que la cause palestinienne a perdu ce jeudi l’un de ses fervents défenseurs, peut être plus, que beaucoup de leaders arabes qui doivent réfléchir sérieusement à s’inspirer de ses positions.
Par Abdelmadjid Blidi