mercredi , 24 juillet 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Le Premier ministre sud-coréen, depuis hier à Alger  </span>:<br><span style='color:red;'>Un partenariat que l’Algérie veut exemplaire</span>

Le Premier ministre sud-coréen, depuis hier à Alger :
Un partenariat que l’Algérie veut exemplaire

Le foisonnement d’entreprises coréennes en Algérie et la remarquable entente avec leurs homologues algériens ouvrent de véritables perspectives de coopération et confèrent à la visite ministérielle un caractère stratégique dont l’intérêt dépasse largement les frontières du pays, en ce sens où d’autres pays partenaires, à l’image de la France, voient l’entente Algéro-coréenne avec un œil plutôt inquiet.

La cinquième session du Conseil d’affaires Algéro-coréen, se tiendra aujourd’hui à Alger. Cette rencontre sera certainement rehaussée par la visite du ministre sud-coréen des Affaires étrangères qui est arrivé, hier, pour une visite de trois jours. En faisant coïncider cette visite de portée politique, avec un événement économique, l’objectif est certainement de marquer tout l’intérêt qu’accorde l’Algérie à la dimension d’affaires dans ses relations avec la Corée du sud. Il faut dire que le partenariat entre les deux pays a connu une évidente densification, ces quatre dernières années, après les mesures protectionnistes décidées par le gouvernement. L’on notera, à ce propos, une retour très remarqué des marques d’automobiles coréennes qui ont été parmi les premières à implanter, dans le cadre du partenariat avec des hommes d’affaires locaux, des usines d’assemblage de véhicules légers et lourds. Les KIA, Hyundaï et autres n’ont pas tergiversé par rapport au cahier des charges qui les oblige à monter en intégration. Le même phénomène a été observé pour la filière électroménager et électroniques, puisque toutes les prestigieuses marques de téléviseurs, réfrigérateurs et Smartphones ont investi dans l’assemblage, avec l’ambition de faire de l’Algérie une base pour l’exportation en Afrique et au Moyen Orient.
Le foisonnement d’entreprises coréennes en Algérie et la remarquable entente avec leurs homologues algériennes ouvrent de véritables perspectives de coopération et confèrent à la visite ministérielle un caractère stratégique dont l’intérêt dépasse largement les frontières du pays, en ce sens où d’autres pays partenaires, à l’image de la France, voient l’entente Algéro-coréenne avec un œil plutôt inquiet.
L’objectif d’Alger consiste à acter ce partenariat assez dense, malgré des chiffres plutôt modestes. Il faut savoir, en effet, que les échanges commerciaux Algéro-sud-coréen avoisinent les 2,3 milliards de dollars. Ce chiffre concerne l’année 2017. La balance commerciale est nettement en faveur de la Corée du sud, puisque face aux 700 millions de dollars d’exportations algériennes, on enregistre 1,6 milliard de dollars d’importations vers ce pays. La tendance pour le premier semestre 2018 confirme cet état de fait, avec des importations algériennes de la Corée s’élevant à 609 millions de dollars, alors que ses exportations vers ce pays étaient de 474 millions de dollars.
Même si cela paraît en la défaveur de l’Algérie, il reste que la dynamique de coopération est positive, en ce sens où des géants coréens s’installent et l’on s’attend à ce qu’ils optent pour l’exportation à partir de l’Algérie. C’est pour dire que le gouvernement mise énormément sur la visite du Premier ministre sud-coréen. L’intérêt de l’exécutif est à ce point, justifiable, que l’hôte de l’Algérie visitera la centrale électrique à cycle combiné de Ras-Djenet, à Boumerdes.
Il faut savoir que l’Algérie est le seul pays africain qui a signé un accord de partenariat stratégique avec la Corée du Sud dont la principale mission consiste à promouvoir les relations entre les deux pays dans tous les domaines.
Alger: Smaïl Daoudi