samedi , 14 décembre 2019

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Un procès événement

Le procès, de loin, le plus important de la vie de la République, s’est ouvert hier, dans un contexte très particulier où deux évènements font l’actualité. L’élection présidentielle et le mouvement populaire donnent en effet, une dimension supplémentaire à un fait judiciaire qui aurait été sans véritable écho, n’était-ce la conjoncture et le profil des prévenus. Il est entendu qu’en la circonstance, la présomption d’innocence doit être de mise, mais il sera très difficile de faire admettre ce principe de base pour toute justice. Et pour cause, l’on a bien constaté hier, aux abords du tribunal de Sidi M’Hamed à Alger, une ambiance quelque peu électrisée par la présidentielle et le mouvement populaire. Les candidats ont commenté le procès et les Algériens ne manqueront pas de faire de même à l’occasion de la marche d’aujourd’hui.
Il faut dire, à ce propos, que la mise en cause, dans les quatre affaires présentées hier, de deux ex-Premiers ministres, de plusieurs ministres et de hauts cadres de l’Etat est en soi un événement. Plus que cela, le fait est que les juges devront compter avec une opinion publique, visiblement excédée par toutes ces informations et intox qui rythment la vie publique depuis un certain nombre d’années.
Le traitement médiatique de ces affaires n’est pas pour arranger les choses, pour la simple raison que l’opinion nationale s’est donné le rôle de ministère public et s’est arrogé le droit de porter des condamnations à l’encontre de certaines personnalités politiques. Il est clair, en effet, qu’il sera très difficile pour un magistrat d’admettre l’innocence d’un homme déjà condamné par la rue, notamment dans les circonstances que traverse le pays. Cela est d’ailleurs valable en Algérie comme partout ailleurs dans le monde. A plus forte raison chez-nous lorsqu’on sait que la pression populaire est exceptionnellement importante.
Mais dans tout cela, il est entendu que la justice doit être rendue au nom du peuple algérien. Ce dernier, devra, d’une manière ou d’une autre, accepter le verdict final et réclamer une lutte efficace est permanente contre la corruption. Pour ce faire, une véritable démocratisation du fonctionnement de toutes les instructions de la République, pas celle que veulent nous vendre les Occidentaux, est nécessaire.
Cela, suppose une véritable prise de conscience nationale quant à la menace que fait peser le fléau de la corruption sur la stabilité du pays et de la société. Il faut que la chose soit très claire. Et l’opinion nationale doit le comprendre.

Par Nabil.G