vendredi , 28 juillet 2017

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Un putsch, une purge, une dérive

Cela fait un an que la Turquie a vécu une nuit de putsch manqué, mené par une partie de l’armée turque qui voulait déloger Erdogan du pouvoir, dans cette chaude nuit du 15 au 16 juillet 2016. Mais, le président turc a eu le dernier mot et a pu reprendre le contrôle de la situation à l’aube du 16 juillet. Malheureusement, il n’y a que lui qui eut le dernier mot, car, la démocratie est sortie bien fragilisée de ce coup de force, puisque Erdogan l’a mis à profit pour régler tous ses comptes.
Sous le prétexte de mater les perchistes et tous leurs complices, il en a profité pour asseoir encore davantage son pouvoir et mettre au pas des pans entiers de la société turque sous l’accusation bateau d’être des adeptes du prédicateur Fettulah Gülen. Une purge, ouverte jusqu’à ce jour, allait commencer avec l’incarnation de 50000 personnes et le limogeage ou la suspension de 150 000 fonctionnaires.
Politiquement, Erdogan met en place une nouvelle constitution qui lui donne tous les pouvoirs et met en veilleuse le contre pouvoir de la justice qui vidée de ses juges les plus engagés, devient docile et à la botte du pouvoir exécutif.
Malheureusement, la société turque déjà fragilisée avant le coup d’Etat avorté, sera encore plus divisée après. Le président turc y a veillé personnellement en jouant sur ces divisions. Une stratégie qui si elle lui réussit aujourd’hui, mettra à coup sûr en péril la stabilité de ce pays déjà entouré par de nombreux conflits dans une région assise sur une poudrière. Erdogan en faisant le choix du pouvoir personnel, s’est trompé, car, l’urgence après le putsch devait être un travail en profondeur pour cimenter la nation et non ce choix systématique de la division.
Car, si aujourd’hui tout cela tient, ce n’est que grâce à une économie florissante, mais il n’est pas dit que tout cela tiendra encore (le Brésil est là pour le rappeler). Et si jamais la crise finit par toucher le pays, il est clair que ce sera le chaos total. Et Erdogan en sera grandement responsable, peut-être même plus que ces putschistes amateurs qui ont voulu le renverser une certaine chaude nuit du mois de juillet de l’année dernière.

Par Abdelmadjid Blidi