dimanche , 26 janvier 2020

Un Salon pour la seule promotion du «Made à l’étranger»

Un Salon international du textile et de la mode «Textile-expo», se déroule depuis dimanche dernier, au Centre des conventions d’Oran (CCO), avec la participation, précise-t-on, de pas moins de 150 exposants nationaux et étrangers. Ce qui constitue au départ un premier paradoxe pour ce secteur national du textile, en déperdition depuis des années de marginalisation et de régression. C’est par ailleurs, le seul Salon qui enregistre la présence de beaucoup plus d’opérateurs étrangers, avec 80 exposants, que d’entreprises algériennes qui ne sont à peine qu’une quarantaine, représentant les secteurs public et privé. Les exposants venus de Tunisie, du Portugal, d’Italie, de Turquie, de Chine, d’Inde et même des Etats-Unis (USA), à en croire les organisateurs, ne peuvent qu’être intéressés par ce marché algérien, vidé de toute concurrence locale et livré aux seules règles d’une mondialisation sans balises. Dans sa déclaration à la presse, le wali d’Oran a rappelé, que le secteur des textiles, une des priorités affichées par le gouvernement en termes de promotion des investissements, serait l’objet de mesures de relance de cette activité en déclin, moribonde en Algérie depuis plus de vingt ans. Fatalement, le marché a été occupé par l’économie de bazar et de l’importation, sous toutes ses formes légales ou illicites, connues un peu partout, notamment à Oran. De la pratique du «cabas» aux centenaires de friperie qui déversent depuis des années leur «Khorda», dite «el balla» sur les marchés d’El Hamri et de M’dina Jdida, la Capitale de l’Ouest n’a pas cessé d’être victime d’un hallucinant laxisme et fausse vision, des «stratégies» de développement, menées par des acteurs incompétents, installés abusivement aux commandes depuis bien trop longtemps. Au début des années 90, les grandes usines de production textile implantées ici et là, à travers les communes, notamment à la zone industrielle d’Es-Sénia, ont commencé à fermer les portes et à s’éteindre les unes après les autres. Le déficit de savoir-faire, le manque de formation, la non-maîtrise des concepts modernes de création et de marketing, s’ajoutaient à une configuration de l’économie nationale, encore sous l’emprise de l’Etat. Un peu à l’image de la vieille Russie, le marché parallèle devenait florissant, offrant aux consommateurs ce qu’il ne pouvait trouver sur le marché légal. Des bas-nylons aux sous-vêtements, des chaussures de sport dites «Adidas», quelle que soit leur vraie marque, aux tee-shirts et autres produits «made ailleurs». Les marchandises importées, devenaient la seule référence pour les Algériens consommateurs, avant tout d’aliments et de vêtements. Alors on peut, en toute logique se demander, à quoi peut bien servir ce Salon du Textile à Oran, si ce n’est avant tout, de proposer une vitrine d’exposition et de promotion des produits des entreprises étrangères en concurrence, entre-elles, sur le marché national…

Par S.Benali