vendredi , 24 mai 2019
<span style='text-decoration: underline;'>commercialisation de produits périmés </span>:<br><span style='color:red;'>Un seul commerçant et… les autres !</span>
© D.R

commercialisation de produits périmés :
Un seul commerçant et… les autres !

Un commerçant vient d’être condamné à deux mois de prison et une amende de 10 000 dinars. Pour cause, il a été pris en flagrant délit de commercialisation de produits laitiers périmés dont notamment des fromages et des Yaourt.

Dans cette affaire, la Direction régionale du commerce, s’est constituée partie civile. Mieux vaut tard que jamais, dira plus d’un. Une telle procédure lancée par ces services sera-t-elle généralisée un peu partout dans les marchés de l’ouest sinon tout au moins dans les marchés et les commerces du centre-ville dont essentiellement celui de la rue des Aurès, ex-la Bastille, transformé en citadelle inexpugnable.
Ce marché, l’antre du périmé, est inaccessible vu, apparemment, son exigüité. Mais pas du tout. Dans ce marché, est tout simplement fréquenté par des commerçants indociles ne se soumettant qu’à leur loi qu’ils instaurent eux-mêmes. Pour preuve, ils s’opposent farouchement à la réfection de leur lieu du gagne pain.  De mieux en mieux l’on nous dira que «chacune de nos sorties se termine par l’établissement de dizaines de procès-verbaux et mises en demeure contre les contrevenants, et la fermeture des établissements ne se conformant pas aux règles d’hygiène». Loin des bureaux, on découvre une tout autre réalité. Ainsi, la ville d’Oran sombre dans des problèmes compliqués; ses habitants et ses visiteurs crient à l’arnaque. Manger un sandwich de kalentica (farine de pois chiches) dans une gargote de Mdina Djedida est synonyme d’intoxication alimentaire; boire un jus au marché de la Bastille peut prolonger la durée de séjour à l’hôpital. Or, des dizaines de restaurants et fast-foods essaiment un peu partout, renvoyant aux calendes grecques le respect des normes de commerce moderne, dont celui de la qualité, le service et les conditions d’hygiène. En fait, c’est une situation de fait accompli, en toute impunité, qui est imposée. Les cuisines sont devenues de grands réceptacles où pullulent toutes sortes de bestioles et autres germes vecteurs de pathologies hautement dangereuses. Même les salles de restauration ne sont pas épargnées.
Les barbecues et les rôtissoires rouillés, dressés aux entrées des restaurants, sont livrés aux poussières et gaz toxiques des véhicules. Mais où sont donc réellement passés ces services communaux d’hygiène ? Pire, le personnel, recruté selon la circonstance et les humeurs, est loin de répondre aux compétences de l’activité. Dans plusieurs fast-foods et gargotes d’Oran, les serveurs portent des tenues repoussantes et essuient les tables en utilisant des chiffons crasseux. Même constat chez les cuisiniers qui portent des blouses jamais lavées, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En dépit des constats établis par toutes les institutions, ces soi-disant restaurants connaissent quotidiennement des flux importants de clients. L’arnaque est généralisée. «Les services d’hygiène communaux, sont passés la semaine dernière, et m’ont délivré le certificat de conformité de mon fast-food», a indiqué un restaurateur situé dans le centre-ville d’Oran. Le chef-lieu d’Oran est transformé, ces dernières années, en un grand centre commercial où s’exercent toutes sortes d’activités.
Les touristes, travailleurs, nationaux et étrangers, s’attablent deux à trois fois chaque jour au restaurant. Toutes les recettes, locales et étrangères, traditionnelles ou modernes, sont fortement demandées. Les propriétaires de gargotes et fast-foods, eux, sont tous unanimes à se disculper au moindre reproche fait par les clients. Et l’un d’eux d’affirmer: «J’utilise des détergents hautement efficaces», ont répété, comme un refrain, plusieurs restaurateurs ciblés dans le chef-lieu d’Oran. Que nenni. Plusieurs citoyens sont suspicieux, malgré les beaux tableaux suspendus aux murs des restaurants. «Tout ce qu’on mange dans les restaurants n’est pas sain, il faut des enquêtes approfondies, les certificats délivrés par les APC ne sont que des bouts de papier bons à suspendre sur les murs de ces établissements, le but est de rassurer le client».
Mohamed Aissaoui