jeudi , 21 novembre 2019

Pétrole et gaz:
Un seul leitmotiv, développement et diversité

Chaque ère a ses plaisirs. Celle qui nous vaudra un vrai tournant dans l’histoire de notre industrie énergétique, supplante en ce moment toutes les ambiances politiques. L’énergie, ce secteur qui a cautionné la viabilité économique de notre pays, détient les premiers rôles de la scène médiatique. Sauf, apparemment, de l’hémicycle de l’APN, puisque ses honorables locataires ne lui ont pas accordé l’intérêt déontologique obligatoire: des images diffusées pendant la présentation du nouveau projet de la Loi sur l’Energie par le ministre de l’Energie et des mines M. Mohamed Arkab, ont révélé l’étendue de la conscience professionnelle des élus de la Chambre basse, soi disant des modèles représentatifs de la population. Certes, chacun sait que dans les arcanes du vieux système appelé à disparaître dès la fin du mois de décembre prochain, très peu de députés incarnent l’émanation de profils politiquement et culturellement aboutis. Comme une bonne proportion d’entre eux ne répondent pas aux choix des citoyens et du contenu réel des urnes, normal que tous les pensionnaires du Palais de Zighout Youcef ne se sont pas bousculés autour des débats de la Loi sur l’Energie. Avec tous les respects pour les rares députés de haut niveau voire brillants, qui ne se nourrissent pas du bouillon trouble de la démagogie, et qui ne doivent pas leurs loges à des appuis monnayés ou ombilicaux.
Bref. L’abstention de nombreux législateurs n’a pas empêché l’actuel patron du secteur de soumettre le projet de loi au débat. A l’évidence, ce document a plus été scruté par les experts et les grands professionnels du secteur que l’APN et ses absents. Un texte utile opportun mais incomplet», confiait d’emblée le Professeur Mohamed Chérif Benmihoub. Tous les spécialistes convergent du reste vers cette analyse. Pour une raison simple: «elle ne porte que sur la production, reste segmentaire, et nous mènera vers l’impasse», ajoute Mohamed Chérif Benmihoub. Dans son contenu, ce texte se concentre sur la production énergétique alors que les milieux de l’industrie souhaitaient en priorité l’élaboration d’une «politique énergétique». Là se trouve le vrai débat de l’heure, nous sommes dans cette ère, celle de nous extirper de la dépendance du pétrole, cette attitude devenue une dangereuse doctrine qu’entretenaient, par un confort pernicieux et par intérêt diabolique et personnel, l’ensemble des plus hauts responsables qui se sont succédé sous la bannière du système décrié. Autrement dit, la dépendance de la consommation et de la sécurité énergétique de notre pays, n’était qu’un alibi pour maintenir une situation de privilèges, de profits et de droits pour la nomenklatura aujourd’hui implosée.
A présent, les experts de l’univers algérien du pétrole et du gaz, se rejoignent sur l’urgence d’une transition énergétique qui passerait obligatoirement par le développement du secteur, ainsi que par sa diversité. Cette priorité affirmée mais qui ne ressort pas suffisamment du projet 2020 de loi sur l’énergie, conduira vers les investissements sur l’énergie solaire, les éoliennes, le gaz de schiste.
Parallèlement, elle contribuera à résorber la surconsommation de l’énergie fossile, «unique au monde», relate un professionnel du secteur, et dont la croissance atteint le niveau le plus incroyable dans l’arène mondiale des hydrocarbures, soit 8 à 9% par an. Ailleurs chez les Nations les plus développées, ce taux oscille annuellement de1 à 3% !!! Et notre expert de soulever cette incohérence: «lorsque des décideurs proposent l’importation de véhicules de –3 ou – 5 ans gros consommateurs d’essence, au lieu de verser vers les projets d’industrialisation et diversités énergétiques selon les lois et les règles en vigueur, nous nous éloignons d’une vraie politique énergétique».
Certes, la nouveauté consiste de dresser des prospectives, poser des anticipations, disposer d’une vision globale de la question énergétique. En un mot, comme l’affirment les pontes de ce secteur, «définir comment les énergies fossiles contribueront-elles à organiser la transition énergétique». Et bien sûr, la sécurité énergétique. Il importe de rappeler, que nous avons perdu du temps, un peu trop, pour la mise en branle du fameux paquebot vers de l’«après-pétrole». Le temps nous a rattrapés, puisqu’aujourd’hui, la Sonatrach reconnaît la lente courbe de l’épuisement des ressources énergétiques: 60%.
Toujours de la même source, en 2030, l’Algérie ne pourra plus respecter ses engagements de commercialisation. D’où l’extrême urgence de s’adapter aux nouveaux paramètres économiques pour une politique de développement basée, comme le précisent les experts, «sur le travail de prospection de nouveaux champs pétroliers et gaziers, avec des partenaires étrangers sincères. Dont le nombre se rétrécit. Un aveu de M Mohamed Arkab, le ministre de l’énergie.
L’Algérie est donc obligée de compter sur ses réserves inépuisables celles-là: ses hommes.
Par Fayçal Haffaf