mardi , 7 avril 2020

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Un système, c’est d’abord un consensus

Ce n’est certainement pas encore l’heure des bilans de la Révolution pacifique déclenchée par les Algériens le 22 février dernier, mais une première lecture amène à penser que le processus a tout de même réalisé un bout de chemin appréciable avec des résultats très concrets obtenus sans aucune effusion de sang, contrairement à ce que l’on a constaté dans d’autres pays, où la violence a fini par prendre le dessus sur les débats sereins. Il règne, cependant, dans le pays, une atmosphère quelque lourde où l’on craint sur le devenir d’une Révolution qui a tant de promesses aux Algériens. L’on perçoit clairement un clivage assez profond au sein de la classe politique. Il faut dire que les partis, à force de «palabrer» sur le principe du dialogue, comment, pourquoi et avec qui le faire, ont finit par se perdre en débats sans issus et donné une impression fade à l’opinion nationale. Comme si, il est presque trop tard pour faire quelque chose. Cela dans un contexte social qui commence à montrer quelques inquiétudes.
Il faut dire que l’approche défendue par les défenseurs d’une présidentielle, le plus tôt possible, tient la route au sens où il faudrait bien que les acteurs politiques s’en remettent à l’arbitrage périodique du peuple. Mais, il se dégage une impression de gêne de voir la décision populaire ne pas arranger une minorité de «démocrates» qui, sous couvert de risque de «totalitarisme», électrisent le climat politique dans le pays. Pis encore, la radicalisation des discours des uns et des autres, a pour conséquence un clivage de plus en plus évident au sein de la société, entre partisans et opposants à la solution de la présidentielle ou de la Constituante. Et en l’absence de l’arbitrage des urnes, chacun s’autorise le droit de se dire majoritaire.
Il se dégage donc une forte odeur de division qui ne prévoit rien de bon pour l’avenir de la Nation. L’idéal serait d’obliger les politiques à faire convenablement leur travail et éloigner les sociétés des manœuvres politiciennes, pour lui faire appel qu’à l’occasion du vote pour départager les belligérants. Cette formule, du reste séduisante et déjà pratiquée par les démocraties occidentales, suppose cependant, un accord de principe sur le système de gouvernance et des forces politiques devant gérer le pouvoir et celles susceptibles de gérer l’alternance.
En fait, si les démocraties occidentales donnent cette impression de machine bien huilée, c’est parce que les acteurs politiques de ces pays, après deux grandes guerres meurtrières et pas mal de conflits internes, ont fini par admettre la nécessité de créer un système et s’y tenir. Les politiques Algériens doivent parvenir à ce stade-là.