vendredi , 19 avril 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Neuf lettres d’intention déposées pour la présidentielle du 4 juillet </span>:<br><span style='color:red;'>Un tir à blanc pour le ministère de l’Intérieur ?</span>

Neuf lettres d’intention déposées pour la présidentielle du 4 juillet :
Un tir à blanc pour le ministère de l’Intérieur ?

Aucune personnalité d’envergure n’a émis le vœu de prendre part au scrutin du 4 juillet. Bien au contraire, décrié par Ali Benflis, Abderezak Makri, Abdellah Djaballah et les autres chefs de partis, censée s’intéresser à pareille échéance, le rendez-vous électoral fixé par Abdelkader Bensalah en application de l’article 102 de la Constitution, est déjà lourdement compromis.

Depuis l’ouverture de l’opération retrait des formulaires individuels pour la candidature à l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, le ministère de l’Intérieur a enregistré jusqu’à hier en fin de matinée, quelques neuf candidatures à la candidature ont été officiellement formulées au niveau du ministère de l’Intérieur. Le communiqué du ministère de l’Intérieur qui a fait état de ces démarches préliminaires pour candidater pour la magistrature suprême du pays, note que les formulaires de souscription de signatures individuelles ont été remis aux postulants. Cette information, appelée à évoluer d’heure en heure, constitue le bilan provisoire arrêté au 14 avril 2019.
Les concernés «ont pu bénéficier des quotas de formulaires de souscription, en application des dispositions légales en vigueur et l’opération se déroule dans de bonnes conditions», précise le communiqué. Il reste que contrairement à l’opération qui a concerné la présidentielle du 18 avril, reportée par l’ancien président de la République, il semble que les prétendants ne se bousculent pas à la porte du ministère de l’Intérieur. Le second constat qui interpelle l’observateur, est le souci des rédacteurs dudit communiqué de ne pas révéler l’identité des candidats à la candidature.
Cette manière de communiquer qui, visiblement, tranche avec les méthodes usitées pour le scrutin avorté, illustre une certaine gêne des pouvoirs publics à admettre leur difficulté à convaincre les potentiels candidats à s’embarquer dans l’aventure politique de la prochaine présidentielle. Il est, en effet, évident qu’à l’exception de Ali Chediri et Abdelaziz Belaïd, dont les dossiers sont déjà dans les archives du Conseil constitutionnel, aucune personnalité d’envergure n’a émis le vœu de prendre part au scrutin du 4 juillet. Bien au contraire, décrié par Ali Benflis, Abderezak Makri, Abdellah Djaballah et les autres chefs de partis, censée s’intéresser à pareille échéance, le rendez-vous électoral fixé par Abdelkader Bensalah en application de l’article 102 de la Constitution, est déjà lourdement compromis. Il convient de relever, à ce propos, que de plus en plus d’APC refusent d’engager l’opération révision du fichier électoral, étape nécessaire et réglementaire pour tout scrutin.
Ainsi, les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, ainsi que ceux du Conseil constitutionnel qui ne font rien d’autre que leur travail, n’iront certainement pas au bout du processus. Sur les neuf prétendants ayant retiré les formulaires, il y a fort à parier qu’aucun n’aille jusqu’à la phase de dépôt du dossier de candidature auprès de l’institution actuellement présidée par Tayeb Belaïz. Il est en effet, entendu que la «gesticulation» de l’administration n’a d’autre sens que de «faire semblant», en attendant une initiative politique destinée à relancer le dialogue et proposer un plan consensuel de sortie de crise.
Younes Rahal