lundi , 21 octobre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Participation d’une députée française au mouvement populaire</span>:<br><span style='color:red;'>Une «atteinte à la souveraineté nationale» estime Boukadoum</span>

Participation d’une députée française au mouvement populaire:
Une «atteinte à la souveraineté nationale» estime Boukadoum

L’affaire de la venue en Algérie, la semaine écoulée, d’une députée française pour prendre part au mouvement populaire continue de susciter des réactions de part et d’autre.

La députée Mathilde Panot du mouvement «La France insoumise», Vice-présidente du groupe parlementaire de la formation politique du mouvement de gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon, a effectué dimanche dernier, un voyage en Algérie pour se rendre ensuite dans la wilaya de Bejaia afin de prendre part à la marche citoyenne.
Accompagnée de son suppléant, Mourad Tagzout, et d’une délégation, la députée française a affirmé que son action en Algérie, vise à soutenir le peuple algérien dans son mouvement de protestation pacifique.
Les deux visiteurs et leurs accompagnateurs ont affirmé que l’objet du voyage était pour «rencontrer les acteurs et actrices du mouvement populaire».
En réaction au voyage effectué par la députée française et son compagnon, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, interrogé par des journalistes en marge de la Conférence nationale sur les enjeux de la Zone de libre échange commercial africain (ZLECAF), qui s’est tenue hier à Alger, a estimé qu’il s’agit d’une «atteinte à la souveraineté nationale».
«Ce qu’a fait la députée française est considéré comme étant une atteinte à la souveraineté nationale», a dénoncé M. Boukadoum en réponse aux questions sur cette affaire qui a créé une polémique.
Interrogé sur les informations faisant état de l’interpellation de la députée, publiées notamment par des médias français, M. Boukadoum a apporté un démenti. Il a ainsi nié que la députée soit interpellée, indiquant qu’elle est venue en Algérie en tant que touriste. «Il n’y a pas eu d’interpellation», a-t-il indiqué. Pour le ministre des Affaires étrangères, la députée française est venue en Algérie «avec un visa touristique en essayant de faire des choses qui n’ont rien à voir avec le tourisme», a-t-il dénoncé. Le ministre a qualifié cette «visite» de la Mathilde Panot en Algérie d’atteinte à la souveraineté nationale. «Si un parlementaire, un politique ou même un journaliste algérien participait à des manifestations à l’étranger, comment le pays hôte va-t-il le prendre? », s’est-t-il interrogé. Et d’ajouter: «Il s’agit d’une atteinte à la souveraineté nationale […]. Elle est parlementaire en France et non pas en Algérie».
Il convient de rappeler, que le voyage de la députée Mathilde Panot a suscité une levée de boucliers et son geste est largement dénoncé sur les réseaux sociaux où des internautes algériens ont qualifié sa participation à une marche à Béjaïa comme étant une ingérence dans les affaires internes de l’Algérie, sachant qu’elle occupe la fonction de députée.
De son côté, la députée avait affirmé avoir été «interpellée» à Béjaïa et avait été «placée pendant plusieurs heures en séjour surveillé dans la capitale, Alger, «sans connaître les intentions pour la suite de ceux qui les ont contraints à ce retour sous escorte».
Samir Hamiche