mardi , 21 novembre 2017

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Une campagne électorale sans saveur

On peut tout dire de cette campa-On peut tout dire de cette campa- gne électorale sauf qu’elle n’est pas portée par la spirale de la passion et du dynamisme des citoyens. On peut également émettre des réserves sur le caractère offensif des formations politiques engagées dans la compétition. Comparativement aux précédentes consultations, un air de frilosité baigne encore l’atmosphère ambiante de ces joutes politiques à l’intérieur même des enseignes en plan de bataille: presque quinze jours après le start, les préalables aux urnes qui façonneront l’esprit des futures collectivités locales, n’ont souvent pas été réalisés, à l’image d’un affichage des listes tardif comme chez le FLN à Oran.

La communication visuelle extrêmement discrète pour l’ensemble des écuries en lice, le peu de professionnalisme dans la stratégie d’image et la routine qui écrase ces préambules au vote, confère à l’évènement une désagréable sensation de déficit d’idées et d’innovations modernistes.

On ne peut nier l’authenticité et l’impact sur le développement local de ce rendez-vous. Cependant, à l’ère du numérique, la communication et la sensibilisation dont il procède, se confine au niveau préhistoire. Les interventions radio-tv des représentants des partis génèrent également cette tortueuse impression que l’ensemble des associations en course émargent dans le même registre. La démarche, les programmes développés, l’indigence en termes de nouveautés créatrices, la faiblesse de l’argumentaire, rendent ces passages pourtant à fort impact spirituel et populaire, très peu attractifs. Et par conséquent, peu convaincant au moment du choix du bulletin de vote.

Certes, chez certains partis, on peut créditer ces préliminaires de bénéfices d’intentions. Mais celles-ci ne sont pas véhiculées par des experts rompus à ce genre d’exercices. Conséquence des choix inappropriés des voltigeurs de campagne. Et plus manifeste encore, le résultat d’un plan de communication -s’il existe- qui ne se démarque jamais du sempiternel «déjà vu». Celui qui, exception faite pour les présidentielles, demeure enraciné dans tous les préambules aux élections locales, voire même pour celles des législatives. Bref, l’actuelle campagne méritait que les forces en présence, lui accordent plus d’inspiration, un peu d’originalité et beaucoup de rencontres académiques autour des questions de l’heure, telles les solutions à initier pour vivre en souplesse la conjoncture économique et financière du pays. Et ce n’est pas faire insulte à un candidat non spécialisé de ne pas animer ce genre pointu de débats, mais d’inviter plutôt des experts rodés à ces questions, des universitaires patentés. Ces pratiques constituent la sève première des campagnes électorales dans le monde, de la même manière que des rassemblements culturels et festifs d’envergure ou de proximité, entrainent la joie et la mobilisation autour de cette concurrence électorale.

Si nos praticiens politiques locaux ne disposent pas de ressources financières adéquates pour s’offrir, comme à l’étranger en pareille circonstance, les services d’une agence de communication pour une campagne relevée et attractive, on comprend qu’ils s’en remettent à l’ordinaire. Au passage, on s’interroge sur la destination des 5000 dinars que chaque candidat FLN à ces locales devait honorer pour acceptation du dossier. Il s’agissait d’une «première» dans le bréviaire des scrutins. Et puis, en remontant les séquences de la campagne actuelle du parti historique à Oran, on retiendra que cette ondée n’a pas dû servir aux dépenses de ces préliminaires.

Enfin, une campagne flamboyante, sertie de moments censés déclencher des passions pour les élections, illuminera les ambiances et de cause à effets, engendrera les flux populaires et les curiosités porteuses de votes. Ainsi se dressera la passerelle pour un respectable taux de participation au scrutin. Ce qui, jusqu’à présent, ne se voit pas. On serait bien en peine de classer cette boucle pré électorale au rayon du foisonnement des thèmes et de l’éblouissement. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle manque plutôt de saveur. Il est temps pour toutes les familles politiques concernées par l’opération, de recadrer l’orbite et de réagir par d’autres inspirations. Notamment pour les grosses cylindrées.

Par Fayçal Haffaf