samedi , 23 septembre 2017

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Une déclaration de guerre

Dix jours nous séparent de l’investiture de Donald Trump comme le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Un moment redouté par plusieurs pays, car, l’homme ne fait preuve d’aucune retenue et semble près à en découdre avec des puissances économiques et militaires mondiales. Mais le sujet le plus dangereux une fois que Trump aura pris place dans le bureau ovale de la Maison Blanche, c’est de voir la région du Proche Orient exposer définitivement.
En effet, lors de sa campagne électorale, le futur président américain a promis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Un acte qui est en rupture totale avec la politique historique des Etats-Unis mais celle de toute de la communauté internationale.
Beaucoup de leaders palestiniens, y compris les plus modérés d’entre eux, ont considéré une telle éventualité comme une déclaration de guerre qui romprait définitivement la fragile stabilité de façade maintenue jusqu’à aujourd’hui. Les Américains eux-mêmes abondent dans le même sens et expriment les mêmes craintes. D’ailleurs, l’actuel secrétaire d’Etat, John Kerry, a déclaré à la chaîne CBS que le déménagement de l’ambassade causerait « une explosion, une explosion absolue dans la région, pas seulement en Cisjordanie et peut-être en Israël même, mais à travers toute la région ».
Le Proche Orient basculera ainsi dans une spirale infernale de violence et de contre violence que personne ne pourra arrêter. Trump est déjà passé du stade des promesses aux faits en décidant de nommer comme futur ambassadeur en Israël, David Friedman, un partisan de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée. Ce même futur ambassadeur, totalement acquis aux thèses sionistes, avait déjà déclaré qu’il était impatient de travailler « depuis l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem ».
Une provocation manifeste quand on sait qu’Israël avait occupé puis annexé Jérusalem en 1967, après la guerre des six jours. Une annexion qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Pourtant, les  Palestiniens ont toujours et tout au long des négociations de paix, clairement signifié qu’ils voulaient faire de Jérusalem Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
Tout ceci n’augure rien de bon et cette nouvelle stratégie aventurière des Américains signifierait tout simplement la rupture totale avec le monde arabe et musulman et la probabilité plus que certaine d’une nouvelle guerre arabo-israélienne.

Par Abdelmadjid Blidi