lundi , 9 décembre 2019

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Une guerre sans fin

Le peuple irakien, principale victime de l’armée américaine, puis de Daech et de ses alliés, observe impuissant la précipitation de son pays dans l’abîme d’une guerre sans fin. Et pour cause, comment donc qualifier la répression qui s’est abattue ces derniers jours sur des manifestants pacifiques. Le nombre de morts totalement injustifié montre que ce pays est encore de plein pied dans la douleur d’une guerre qui ne dit pas son nom. Cela malgré un gouvernement et des élections régulières. Faut-il donc penser que le conflit est passé à une nouvelle phase gravissime qui va installer l’Irak dans la spirale du chaos permanent, comme celui qu’on observe en Afghanistan ?
Très bientôt, il ne sera plus question de libérer qui que ce soit, mais d’affirmer une façon de voir les choses et de les imposer par la force des armes. Dans cette République, où il faisait bon vivre pour une bonne majorité de citoyens, la loi du talion est passée par là, avec ses innombrables tortures. Aujourd’hui, l’on se réveille sur une autre réalité, presque aussi horrible, d’un régime qui tire à vue. En fait de loi, chacun fera la sienne en trouvant son inspiration dans des interprétations erronées et fallacieuses des textes coranique, des hadiths du prophète (QSSL) et d’une Constitution sans âme.
Les germes de cette évolution, plus que catastrophique, pour le peuple irakien sont dans les rapports entre le pouvoir et une population qui n’aspire qu’à la paix. Lorsqu’on sait que ces hommes et ces femmes ont du supporter des énergumènes se déplaçant librement dans les villes du pays, dont l’une des plus grandes, Moussol, imposant leur diktat à la population, l’on se met à se poser la question de savoir, ces citoyens innocents méritent-ils vraiment leur sort.
Le gouvernement qui a reçu l’aide de toutes ces populations martyrisées pour débarrasser le pays de Daesh, promet-t-il de faire régner « sa » loi sur l’ensemble du territoire de la République irakienne ?
La question mérite d’être posée, non pas dans un élan d’ « ingérence » dans les affaires d’un pays qui a tant souffert, mais simplement pour appeler à la raison, pour que l’Irak ne connaisse plus de drames inutiles, pour que le pays qui fut la capitale des Abassides puisse retrouver, ne serait-ce qu’une partie de sa quiétude. 17 ans de guerre, c’est assez !

Par Nabil.G