jeudi , 12 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>La nouvelle APN sera installée demain</span>:<br><span style='color:red;'>Une législature agitée en perspective</span>

La nouvelle APN sera installée demain:
Une législature agitée en perspective

La séance de demain donnera certainement le tempo de ce que sera le prochain quinquennat, puisqu’on y verra de nouveaux visages et certainement une poussée d’énergie qui donnera aux premiers mois d’activité de l’APN une sorte de dynamique où l’on verra la qualité des nouveaux arrivants à l’hémicycle.

La nouvelle législature débutera officiellement demain. Les 462 députés seront officiellement installés lors d’une séance spéciale que présidera le plus âgé des parlementaires, secondé par le plus jeune. Cette tradition républicaine, confortée par la Constitution, ouvre le bal du nouveau quinquennat qui ne sera pas de tout repos pour les partis de la majorité, ainsi que ceux de l’opposition. Elue avec un faible taux de participation, fixé à un peu plus de 35% par le Conseil constitutionnel, la nouvelle APN connaîtra des débats très denses, en raison d’une représentation de l’opposition qui devrait occuper 88 sièges. Ce nombre est très loin de constituer le moindre danger pour la coalition au pouvoir, mais les parlementaires qui les occuperont, donneront certainement de la voix, dans un nouveau contexte constitutionnel où l’opposition a réellement droit de citer. A défaut d’agir sur le programme du gouvernement, les députés de l’opposition disposeront de leviers, désormais, réglementaires pour se faire mieux entendre de l’opinion publique.
Cette nouvelle «prérogative» aura tôt fait de surprendre la majorité présidentielle, mais également les Algériens qui auront l’opportunité de mieux suivre les activités parlementaires, en raison du caractère contradictoire des débats et des initiatives, à même de «chauffer» la scène parlementaire.
La séance de demain donnera certainement le tempo de ce que sera le prochain quinquennat, puisqu’on y verra de nouveaux visages et certainement une poussée d’énergie qui donnera aux premiers mois d’activité de l’APN, une sorte de dynamique où l’on verra la qualité des nouveaux arrivants à l’hémicycle. Il y aura certainement des talents oratoires, mais également des «techniciens» de la procédure et quelques «grosses gueules». C’est aussi cela une Assemblée populaire nationale qui promet d’être animée pour la simple raison que la nouvelle Constitution exige du député un maximum de rigueur dans le travail et donc une présence au sein de l’institution législative. Cela donnera lieu à beaucoup de séances dans une salle comble et donc une nouvelle énergie qui se dégagera de l’APN.
Mais l’important dans la prochaine législature, restent les lois «compliquée» à expliquer que la majorité devra assumer et défendre contre les assauts de l’opposition qui ne se gênera pas de mettre le gouvernement dans l’embarras. La prochaine loi des Finances, avec son lot de levée partielle des subventions, le code du travail et la loi sur le système de santé constitueront la première «fournée» de textes qui produiront les premiers couacs entre la majorité et l’opposition.
Si l’exécutif peut comptabiliser les succès sur le terrain en poursuivant les opérations de relogement ou encore la création d’emplois, les députés de la majorité auront, quant à eux, la difficile mission de voter des lois «impopulaires» et devront dans leur circonscription, affronter la colère des citoyens. Ces derniers, même s’ils ont, dans leur majorité, boudé les urnes, réclameront leur part de développement aux parlementaires de la majorité.
Il reste que les hommes et les femmes qui s’étaient présentés aux suffrages des Algériens et qui prêteront sermon demain, savaient qu’ils allaient au charbon. Ils le font de leur propre chef, au risque d’y laisser une partie de leur crédibilité qu’ils aient été élus sur des listes du pouvoir ou de l’opposition.
Il faut peut-être leur rendre hommage, car, il sera difficile de parler de République et de démocratie sans ces hommes et ces femmes qui prennent sur eux pour maintenir les institutions politiques en état de fonctionnement, malgré le peu d’intérêt que semble leur accorder une bonne majorité des citoyens.

Alger: Smaïl Daoudi