vendredi , 23 août 2019

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Une pacification et un duel à distance

Le nouveau Secrétaire général, du FLN, est-il en train de gagner son pari, à savoir pacifier ce parti secoué par les dissidences et les fractures qui ont jalonné toute son histoire post-octobre 88, et se sont sérieusement accentuées lors de l’épisode Amar Saadani ?
On serait tenté de répondre par l’affirmative la plus totale, s’il n’y avait pas eu ce grain de sable manifesté par l’ex responsable de la communication au sein du parti, Hocine Kheldoun, qui reproche au secrétaire général sa préférence pour les ministres anciens et actuels et qui a déposé sa démission en invitant Ould Abbès à faire de même, au risque «de sortir par la petite porte». Parmi ses nombreux griefs, il reproche à l’actuel SG de faire confiance à des personnes qui avaient trahi le président de la République par le passé et qui ont été limogés pour ces raisons.
Mais de manière indirecte, Ould Abbès balaie cette accusation, quand il arrête les critères écrits, noir sur blanc, dans une circulaire destinée aux mouhafedhs, qui rappelle notamment les critères et les conditions nécessaires pour une candidature. Et le premier de ces critères est l’engagement avec le Président de la République, qui est président du parti. Viennent ensuite la compétence requise, une bonne relation avec l’environnement et une crédibilité auprès des citoyens.
Ce 14 janvier, Ould Abbés a tracé la voie à suivre pour tout le monde et rouvert les portes du parti à tous les déçus de l’ancienne période du tonitruant Amar Saadani. Réalisant que certains dossiers ne peuvent être traités maintenant, car pouvant arrêter net son élan et sa stratégie de pacification. Ould Abbès a rappelé lors de la dernière réunion avec les mouhafedhs avant-hier, que «tous les problèmes organiques doivent être réglés après les élections».
Un répit nécessaire pour asseoir son autorité et ne pas voir les querelles de clochers reprendre un peu partout dans les wilaya du pays. L’urgent aujourd’hui est de réussir les prochaines élections et faire barrage aux grandes ambitions du frère ennemi le RND, dont le Secrétaire général Ahmed Ouyahia multiplie les sorties et les rencontres avec la base sur tout le territoire national, martelant à chaque fois sa ferme intention de faire du RND la première force politique du pays.

Par Abdelmadjid Blidi