vendredi , 20 septembre 2019

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Une question de survie

Avec des cours du pétrole flirtant avec les 60 dollars le baril, le commerce extérieur donne de sérieux signes d’essoufflement ces derniers mois. L’économie nationale ne parvient pas à renverser la tendance. Les déclarations de certains ministres sur d’immenses projets censés sortir l’Algérie de sa dépendance des hydrocarbures sont systématiquement contredites par les chiffres du CNIS qui nous annonce trimestriellement, puis semestriellement des performances, il faut bien le reconnaître, décevantes de notre économie. A entendre les déclarations de la ministre de l’Industrie sur le renforcement de nombreux secteurs industriels, annonçant des hausses importantes des exportations de ciment d’aciers et autres et les propos outrancièrement optimistes d’un Benmessaoud, ministre du Tourisme qui, au sortir d’une saison estivale plate, palabre sur le nombre de touristes étrangers qui ont visité l’Algérie ou alors les annonces d’un ministre du Commerce, tout fier d’une journée d’étude avec des micro-entreprises, on ne peut que déduire que nos ministres évitent de lire la presse et de regarder les JT lorsque le CNIS sort ses « mauvais » chiffres.
Les projets et autres « initiatives » que certains responsables prennent ne font, au mieux, que maintenir l’économie sous perfusion. Le véritable déclic, les IDE et l’amorçage d’une stratégie prometteuse n’est malheureusement pas à l’ordre du jour.
Il serait injuste d’incriminer le seul gouvernement Bedoui, mais il est aussi entendu qu’il n’est pas besoin d’affirmer des choses, dont on n’a visiblement pas tous les moyens pour les réaliser. La chose est en réalité entendue. Le pays vit toujours sur sa rente pétrolière. Celle-ci décline à vue d’œil. Et viendra le jour où elle ne suffira pas à nourrir tout le monde. Ce qu’il faut faire, c’est éviter d’être au point où nous en sommes lorsque ce jour viendra. La vraie solution est de hâter un retour à la légalité constitutionnelle pour sauver les meubles et repartir d’un bon pied. C’est certainement plus facile à dire qu’à faire. Mais il faut bien le faire. C’est une question de survie pour l’Algérie. Le temps presse et nous ne pouvons plus nous permettre trop de tergiversations. Le pays a besoin d’un président et d’un programme clair pour faire repartir la machine et éviter à l’Algérie de sombres lendemains.

Par Nabil.G