dimanche , 26 janvier 2020

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Une rentrée, un non événement

L’ouverture de la cession parlementaire est prévue pour ce mardi. Tout ce que compte la République comme députés et sénateurs est censé être sur le pied de guerre avec une pointe d’impatience que reprennent les activités des deux chambres du parlement. Mais à voir la tournure qu’ont pris les évènements, les six derniers mois, l’on est tenté de penser le contraire. Ce ne sera certainement pas les discours d’orientation de premiers responsables des deux pendants du pouvoir législatif qui vont occuper les esprits des élus de la Nation. MM. Chenine et Goudjil, tous deux intérims aux postes de présidents de l’APN et du Conseil de la nation, aborderont sans doute la question du dialogue et de la prochaine élection présidentielle. Ils évoqueront l’importance d’un pareil événement pour garantir un retour à un état constitutionnel et institutionnel normal. Il y va aussi du principe démocratique, de la suprématie de la volonté populaire sur toutes les autres institutions de la République. Ils insisteront très naturellement sur la question la légitimité populaire.
Il va sans dire que les deux discours iront s’ajouter aux dizaines d’autres dans la bibliothèque de l’APN et du Conseil de la nation. Ce que retiendront les députés et les sénateurs, ce sera les qu’en dira-t-on, les bruits de couloir et les grandes tendances qui animeront la scène politique, les prochains mois. La mise à l’écart du FLN dans le processus du dialogue conduit par l’Instance nationale de dialogue et de médiation constituera, à n’en pas douter, l’un des sujets phares au sein des députés de la majorité. Le désormais nouveau statut du FLN cédera tout de même la place à des interrogations sur les orientations à très court terme du parti. L’éviction de Mouad Bouchareb et la nomination de Mohamed Djemaï est l’un des signes qui autorise une lecture plutôt qu’une autre. Mais la construction de la proposition du pouvoir en rapport avec la prochaine présidentielle est loin d’être terminée.
Il n’y a évidement pas que cela. Les regards des parlementaires seront également braqués sur le RND, qui a totalement perdu la position qu’il avait sur la scène politique nationale. Ce nouvel état de fait illustre tout le travail qui reste à accomplir pour affiner la scène nationale à quelques encablures du prochain rendez-vous électoral. Il est clair, en effet, qu’il serait tout à fait incorrect d’oser une lecture de ce que sera une éventuelle bataille politique avec un RND en « piteux état ». Ce sont les représentants de ces deux partis qui seront présents à l’ouverture de l’année parlementaire. Et pour toutes les raisons citées plus haut, autant dire qu’elle sera un non événement.

Par Nabil.G